Nudité sur le Web : Facebook doit-il définir ce qu’on peut montrer ou pas ? Nudité sur le Web : Facebook doit-il définir ce qu’on peut montrer ou pas ?

News

Nudité sur le Web : Facebook doit-il définir ce qu’on peut montrer ou pas ? par Zoé Puyremond & Coline Clavaud-Mégevand

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

2 minutes

Publié le Mercredi 19 Décembre 2018

Le 13 décembre 2018, l’artiste érotique Romy Alizée publiait une tribune contre la censure sur Instagram. Et ouvrait une réflexion sur la légitimité des réseaux sociaux à décider de ce qui relève de l’art ou du propos politique, ou bien de la pornographie à bannir d’office.

Lundi 17 décembre 2018, la plateforme de micro-blogging Tumblr a supprimé tous les "contenus pour adulte" : images d’art et/ou pornographiques, gifs érotiques… Le 24 novembre, c’est le compte Instagram de l’artiste et travailleuse du sexe Romy Alizée qui était suspendu, après la publication d’un autoportrait la montrant avec un sextoy. Deux nouveaux épisodes d’une guerre des réseaux sociaux contre le nu, qui fait régulièrement les gros titres. Censure d’une photo de L’Origine du monde, de Gustave Courbet, en 2011, bannissement réguliers des tétons féminins… A chaque fois, l’impitoyable algorithme supprime, quand ce ne sont pas certains internautes qui signalent ces contenus et entraînent leur retrait des plateformes. Instagram et son propriétaire Facebook renouvelant même leurs conditions générales le 15 octobre 2018, en renforçant les règles sur la nudité…


Seule exception, désormais : les seins sont autorisés dans le "cadre de manifestation politique, d’allaitement, d’accouchement, ou de maladie comme le cancer du sein". Ce qui pose une question, abordée lundi 17 décembre dans L’Instant M, sur France Inter : Facebook peut-il choisir ce qui fait une œuvre ou un propos politique ? Interviewées dans l’émission, Romy Alizée et Apolline Bazin (vice-rédactrice en cheffe de la revue culturelle Manifesto XXI) estiment que cette décision ne peut dépendre que d’"un point de vue culturel" – une culture étatsunienne puritaine, et qui accepte la violence du port d’arme plus que les combats pour l’égalité des droits. Autre critique adressée aux réseaux : leurs règles floues ciblent les communautés qui ont les plus besoin d’être représentées. A savoir les femmes, les travailleuses du sexe, les personnes LGBTQ+, les personnes grosses et/ou racisées,  invisibilisées dans nos sociétés. Une censure d’autant plus injustifiable que dans le même temps, les géants du Web tolèrent des déversements de violence contre les communautés qu’ils censurent. Lundi, un rapport d’Amnesty International dénonçait ainsi l’absence de régulation sur Twitter, un endroit où "le racisme, la misogynie et l’homophobie" prospèrent "sans contrôle" selon l’ONG, et où "une femme reçoit un tweet injurieux toutes les 30 secondes". Vous avez dit double peine ?

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires