#MyDoctorSaid : le tag qui dénonce l’errance diagnostique subie par les femmes #MyDoctorSaid : le tag qui dénonce l’errance diagnostique subie par les femmes

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#MyDoctorSaid : le hashtag qui dénonce l’errance diagnostique subie par les femmes par Marine Decremps

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Publié le Lundi 29 Octobre 2018

L’écrivaine féministe Suzannah Weiss a lancé sur Twitter le hashtag #MyDoctorSaid, littéralement, “mon médecin a dit”, pour encourager les femmes à rapporter la peine qu’elles ont eue à se faire correctement diagnostiquer. Et les témoignages sont édifiants.

Combien de docteurs avez-vous dû consulter avant de vous faire correctement diagnostiquer ? Voilà le postulat de départ du tweet de l’écrivaine spécialiste des questions sur le féminisme, Suzannah Weiss. Suite à cela, elle a listé son parcours médical. Verdict ? Sur une période de 11 mois, Suzannah Weiss a consulté 17 médecins avant que son problème soit réellement identifié. Pour elle, cette liste représente ce qu’elle a dû faire “avant même de commencer à guérir” et elle ajoute : “Il s’agit là d’un problème dont le féminisme doit s’emparer”. Alors, suite à son propre témoignage, Suzannah Weiss a appelé d’autres femmes à raconter leurs expériences sous le tag #MyDoctorSaid. Les réponses ne se sont pas fait attendre. L’une d’elle raconte : “Moi : mon sein gauche me fait souffrir et je sens comme des décharges électriques, puis-je passer une mammographie ? Le médecin : poitrine douloureuse, vous êtes trop jeune pour une mammographie, ce n’est pas comme si vous pouviez avoir un cancer” et la jeune femme termine son Tweet par “C’était un cancer”.


"Premier médecin : il m'a dit que je n'avais aucun problèmes de santé.
(...)
Dixième médecin : il m'a prescrit un régime alimentaire faible en calories et des massages de pieds.
(...)
Treizième médecin : il m'a dit que c'était probablement dans ma tête." 



Nous sommes malades, nous souffrons et nous mourons parce que les gens n’ont pas confiance en notre connaissance de notre propre corps”, explique l’écrivaine. Car Suzannah Weiss entend mettre à mal un cliché : “prendre soin de soi-même n’est pas à confondre avec de l’hypocondrie”. Et elle ajoute qu’il ne faut plus juger irrationnel de se tourner vers les médecines alternatives quand précisément, cela résulte d’un manque d’écoute de la part des médecins conventionnels qui “rejettent les inquiétudes et prescrivent les médications qui souvent aggravent les problèmes car ils sont mal identifiés”.

 

Le médecin : Vous avez une septicémie.
Moi : j'ai vraiment mal au cou.
Le médecin : Bien, prenez encore de la morphine. Mais dites-moi, pourquoi avez-vous une septicémie ?
Moi : Je ne sais pas, mais mon cou me fait vraiment mal.
Le médecin : J'ai déjà dit que vous pourriez avoir plus de morphine. Maintenant, pourquoi avez-vous une septicémie ?


Premières victimes ? Les femmes. 70 % des personnes atteintes de douleur chroniques sont des femmes et pourtant 80 % des études menées sur la douleur sont réalisées sur des souris mâles ou bien des hommes. Une étude menée par les chercheurs de l’Université de Rhode Island aux États-Unis a démontré que les femmes qui avaient subi un pontage coronarien ne se voyaient pas prescrire des analgésiques contrairement aux hommes ayant subi la même opération. Dans ce pays, les femmes attendent en moyenne 65 minutes aux urgences avant de recevoir un analgésique pour soulager une douleur abdominale aiguë, alors que les hommes n'attendent que 49 minutes, a dévoilé le rapport.

L’autodiagnostic montré du doigt

Pour Suzannah Weiss, “les femmes, les personnes de couleurs, les personnes non-binaires, et celles LGBTQ atteintes de maladies chroniques sont montrées du doigt car elles pratiqueraient l’autodiagnostic”. Mais selon elle, si ces personnes s’autodiagnostiquent, c’est parce que le corps médical ne comprendrait pas leurs maux. Faut-il rappeler l’histoire de Naomi Musenga, décédée en 2017 parce que le SAMU n’avait pas pris au sérieux son appel à l’aide ? La jeune femme noire avait succombé à une défaillance multi viscérale sur choc hémorragique. Cette histoire avait suscité un tollé sur Twitter avec le hashtag #JusticePourNaomi. Cela avait mis en lumière le “syndrome méditerranéen”- dont nous parlions dans le Glamour n°3. Il s’agit chez les médecins, d’une pratique discriminante poussant à ne pas prendre au sérieux les appels à l’aide des Noirs et des Arabes qui, du fait qu’elles seraient issues de “cultures extraverties”, exagèreraient leurs symptômes. Cette année, Serena Williams a quant à elle raconté, qu’alors qu’elle se remettait d’une césarienne pratiquée d’urgence, elle s’était sentie mal. Inquiétée par ses antécédents de caillots sanguins et du fait de son traitement anticoagulant, elle a pensé souffrir d’une nouvelle embolie pulmonaire. Le corps médical, ne la prenant pas au sérieux, a jugé que son traitement pouvait la rendre “confuse” dans ses propos. Pourtant, Serena Williams avait vu juste et avait des caillots sanguins dans les poumons.

Moi : mon sein gauche me fait souffrir et je sens comme des décharges électriques, puis-je passer une mammographie ?
Le médecin : poitrine douloureuse, vous êtes trop jeune pour une mammographie, ce n’est pas comme si vous pouviez avoir un cancer.
Moi :
 C’était un cancer. #MyDoctorSaid”.


Une étude menée en 2014 a révélé que les femmes britanniques attendent généralement plus longtemps que les hommes avant de demander des soins médicaux d'urgence. En 2011 une autre étude a révélé que les douleurs chroniques étaient prises plus au sérieux chez les hommes que chez les femmes.
Enfin, un rapport de 51 pages rédigé par des députés indique que des milliers de femmes britanniques atteintes d'endométriose ou de fibromes seraient ignorées et n’auraient donc pas accès à des traitements spécialisés. 40 % des femmes interrogées durant ces recherches ont déclaré avoir consulté 10 fois avant d’être orientées chez un gynécologue.

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