Mai 68 : qui sont les icônes féminines de la révolte ? Mai 68 : qui sont les icônes féminines de la révolte ?

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Mai 68 : qui sont les icônes féminines de la révolte ? par Laura Carreno-Müller

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Cinquante ans pile après mai 68, les femmes sont toujours exclues de la mémoire collective. Mais qui étaient les révoltées de l’époque, militantes de l’émancipation féminine ?

#1 Anne Zelensky

Amie de Simone de Beauvoir, elle a activement contribué au renouveau du mouvement féministe. En 1966, elle fonde l’association Féminin Masculin Avenir (FMA), avec l'auteure Jacqueline Feldman. Deux ans plus tard, en mai 68, elles se réservent toutes deux l’amphi Descartes de l’Université de la Sorbonne pour parler de la condition des femmes. "Nous avons fait remarquer que depuis 15 jours que la révolution avait commencé, il y avait comme une absente, la question des femmes…", racontait-elle en 2008, sur le site Riposte Laïque. Pour elle, le slogan "Soyez réalistes, demandez l'impossible", de l'auteur Mike Davis, a pris tout son sens, ce jour-là : "Une personne est entrée, suivie bientôt par d’autres. Peu à peu, la salle s’est remplie, remplie. Il y en avait partout, du monde, sur les gradins, sur les côtés. Ca parlait, ça riait, ça vivait. C’était notre premier débat. Ca tournait au meeting. Anne Zelensky a aussi participé à la publication du Manifeste des 343 : une tribune diffusée dans le Nouvel Observateur et signée par 343 femmes revendiquant leur avortement. Ce texte a ouvert la voie à l’adoption de la Loi Veil, légalisant l’IVG.

#2 Antoinette Fouque

Après le FMA (Féminin Masculin Avenir), fondé par Anne Zelensky, place au Mouvement de Libération des Femmes, dès 1970 (MLF), "un mouvement qui n'est pas contre les hommes, mais pour les femmes", précise Antoinette Fouque à l'époque. Avec l'éditrice Monique Wittig et la militante féministe Josiane Chanel, elle en est la co-fondatrice. D’abord institutrice, cette femme de pensée réagit au machisme ancré dans le milieu intellectuel, au moment du mouvement de mai 68. Cinq ans plus tard, elle fonde les Editions des Femmes, avec des membres du groupe Psychanalyse et Politique, dans le but de promouvoir l’émancipation des femmes. Disparue en février 2014, Antoinette Fouque reste l'une de nos intellectuelles féministes les plus réputées.   

#3 Caroline de Bendern

Figure emblématique de mai 68, Caroline de Bendern l'est devenue sans le chercher. Alors qu’elle est perchée sur les épaules d’un ami, en route vers la Bastille, un drapeau vietnamien à la main, cette jeune femme de 23 ans à l’époque, est photographiée par le reporter Jean-Pierre Rey. Un cliché qui lui vaut d'être surnommée "La Marianne de mai 68"… Avant d'en subir les conséquences.  "[Mon grand-père] était fou de rage. Il voulait diriger ma vie et je n’étais pas toujours d’accord", confiait-elle au Monde, en 1997Issue d’une famille d’aristocrates, Caroline de Bendern est ensuite déshéritée par son grand-père. Second dommage collatéral : à cause de la photo, ce mannequin se voit refuser des contrats avec des maisons de couture.  



#4 Anne Vanderlove

Vous ne la connaissez peut-être pas, mais la chanteuse Anne Vanderlove, considérée comme "la Joan Bez française", a été nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l’ex-ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, en 2013. C'est sa Ballade en novembre (pour laquelle elle a remporté le Grand prix du disque), qui la rend célèbre, en 1967. Très engagée politiquement, lors des révoltes de mai 68, elle se rend dans les usines en grève pour y chanter… Quitte à se fritter avec Pathé-Marconi, sa maison de disques de l’époque. Une anti-star dont les ex-soixante-huitards se souviennent encore avec émotion.  

#5 Régine Deforges

Pour Régine Deforges, 1968 est "une fastueuse année de merde". La preuve : en avril, l'auteure a doit affronter les forces de l’ordre qui perquisitionnent sa maison d’édition pour saisir toutes les copies du Con d’Irène, un ouvrage érotique de Louis Aragon. A l'époque, c’est sa volonté de faire de l’érotisme un genre respectable qui dérange et lui vaut un flot de commentaires sexistes de la part des magistrats. Ruinée par ce calvaire judiciaire, elle décide alors de dénoncer la censure. "Pourquoi condamner des livres quand on tolère le cinéma "porno" ? Le texte serait-il tellement plus dangereux que l'image ?", se demande-t-elle, désignant à titre de comparaison les photos de guerre du Vietnam, souvent insoutenables, publiées dans les grands titres de la presse française. En représailles, elle distribue des tracts engagés dans les quartiers de la Sorbonne et du théâtre de l'Odéon. 

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Mme M.

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