Inde : les femmes forcées à ablater leur utérus pour travailler dans les champs de canne à sucres Inde : les femmes forcées à ablater leur utérus pour travailler dans les champs de canne à sucres

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Inde : les femmes forcées à ablater leur utérus pour travailler dans les champs de canne à sucre par Ophélie Manya

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Publié le Vendredi 21 Juin 2019

Le 16 juin 2019, le magazine en ligne indien "Firstpost" publiait une enquête sur les violences faites aux femmes qui travaillent dans les champs de canne à sucre en Inde. Une vérité glaçante qui se cache derrière l’un des pays le plus gros exportateur de sucre à travers le monde.

C’est l’un des plus grands exportateurs de sucre au monde. Et pourtant, l’Inde a instauré des conditions de vies inhumaines pour les femmes qui travaillent dans les champs de canne à sucre. Le 16 juin 2019, le webzine indien Firstpost a publié une enquête alarmante sur ces travailleuses précaires : les coupeuses de canne à sucre seraient contraintes d’avoir recours à l’ablation de l’utérus pour améliorer leur efficacité. En 2018, deux enquêtes réalisées par le gouvernement régional de Maharashtra, dans le centre de l’Inde, révélaient que 36% des femmes sur place avaient subi une ablation de l’utérus, contre seulement 3,2% dans tout le pays. En avril 2019, l’ONG Tathapi avait également publié une étude suite à la multiplication de ces interventions chirurgicales dans le village de Breed (ville de l’Etat du Maharashtra en Inde).

Des femmes exploitées au détriment de leur santé

"Les employeurs qui font travailler les ouvrières dans les champs de canne à sucre poussent ces femmes à se faire opérer afin qu'elles n’aient plus leurs règles, pour qu'elles puissent ainsi travailler sans interruption", peut-on lire dans le rapport. Et le corps médical est de mèche avec ces pratiques misogynes. Des témoignages de victimes récoltés par Firstpost indiquent que des médecins utilisent la crainte d’être atteinte du cancer du col de l’utérus pour arriver à leurs fins. Pire, dans 85% des cas, les opérations chirurgicales sont pratiquées dans des cliniques privées, dont certaines ne disposent pas de gynécologues.

Et les conditions de travail ne sont pas plus gratifiantes. Firstpost rapporte que le quotidien des coupeuses de cannes à sucre de Breed est marqué par le harcèlement sexuel, la discrimination salariale et les douleurs physiques. Dès 4 heures du matin, elles commencent à couper les plantes. Pour la saison d’octobre à mars, elles gagnent entre 380 à 450 euros. L’opération d’ablation de l’utérus, elle, coûte entre 250 et 500 euros et n’est pas remboursée. Depuis le début de l’année 2019, 56 coupeuses de cannes à sucre sur 271 ont subi une hystérectomie. Suite aux révélations, le service de santé publique indien a annoncé qu’un comité avait été mis en place pour enquêter dans les hôpitaux suspectés et que "des actions seraient mise en place contre ceux qui se révèleront être coupables".

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