Les petites filles sont les nouvelles cibles du marché de l’hygiène intime et c’est une mauvaise idée Les petites filles sont les nouvelles cibles du marché de l’hygiène intime et c’est une mauvaise idée

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Les petites filles sont les nouvelles cibles du marché de l’hygiène intime et c’est problématique par Anne Lods

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Publié le Samedi 29 Septembre 2018

Le magazine Causette remettait en cause, dans son numéro de septembre, la mise sur le marché de produits d’hygiène intime pour les petites filles. Problème : rien ne justifie l’utilisation d’un tel produit lorsqu’on est enfant.

Que vous ayez, sur le rebord de votre baignoire, un produit d’hygiène intime pour prévenir (ou soigner) sécheresse ou encore mycose vaginales, il n’y a presque rien d’étonnant. Si plusieurs marques se sont emparées du marché pour proposer aux femmes de multiples produits pour prendre soin de leur vulve et leur vagin, c’est parce qu’il y avait une demande. Pourtant, comme le souligne le magazine Causette du mois de septembre, ces mêmes marques ont mis en vente, cette année, des produits similaires à destination des petites filles "dès trois ans". Et c’est très effrayant parce que rien ne justifie l’utilisation médicale d’un tel produit sur une petite fille qui n’a pas passé l’adolescence.

Interrogée par la rédaction d’Allodocteurs, la dermatologue spécialisée dans les pathologies de la vulve, Phryné Coutant-Foulc, explique que cette zone n’a pas à être ciblée à un si jeune âge, sauf cas spéciaux : "Hormis des situations particulières, comme un diabète, une antibiothérapie prolongée, une baisse d’immunité ou une dermatose inflammatoire chronique, les petites filles n’ont pas de mycoses, développe-t-elle. (…) Soit on a une pathologie vulvaire, auquel cas on doit utiliser des produits adaptés, soit on n’en a pas." Et si ce qu’ils contiennent ne convient pas aux sexes des petites filles, le message qu’ils transmettent n’est pas sain non plus.

Tout de rose emballés (on n’est pas à une injonction près), ces soins lavant mettent dans la tête des petites filles des idées préconçues et mauvaises pour leur construction. Car ces savons participent de la longue liste des tabous liés au sexe féminin. Parmi eux, le sang bleu des publicités pour les protections hygiéniques, ces dernières que l’on parfume pour ne pas avoir à faire subir l’odeur de son corps à quiconque (alors que le parfum gratte les fesses), mais aussi l’obsession du pubis épilé, rutilant et doux. Enfin, on ne le répètera jamais assez, laissez nos vulves tranquilles, et surtout celles des petites filles.

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