Les patients qui s’auto-diagnostiquent se trompent 9 fois sur 10 Les patients qui s’auto-diagnostiquent se trompent 9 fois sur 10

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Les patients qui s’auto-diagnostiquent se trompent 9 fois sur 10

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Publié le Vendredi 18 Octobre 2019

D’après une étude, les patients sont de plus en plus nombreux à se faire leur propre diagnostic sur Internet avant d’aller consulter un médecin. Sans surprise, ce n’est évidemment pas une si bonne idée puisqu’ils finissent par se tromper presque à chaque fois.

C’est un mauvais réflexe que nous sommes nombreux à avoir depuis l’arrivée d’Internet et des sites ou forums spécialisés sur la santé : à la moindre petite chose qui ne va pas, au moindre symptôme on court sur nos claviers afin de décrire notre problème à la recherche d’explications. Bien souvent on finit par se persuader qu’on a contracté une maladie grave alors qu’on souffre juste d’une petite grippe. On se rend donc chez le médecin avec un diagnostic en tête qui s’avère faux dans une grande majorité de cas. C’est ce que révèle une étude de la start-up 360 Medics publiée dans Le Parisien. Sur les 300 soignants interrogés 83% ont déclaré avoir déjà reçu des patients qui s’étaient autodiagnostiqués avant consultation. Dans 85% des cas les prédictions des malades sont en fait complètement fausses et relèvent d’une grande confusion comme l’indique le docteur Battistoni, président du syndicat des médecins généralistes : "ils confondent le symptôme et le diagnostic. Ils nous disent : j'ai une bronchite quand ils toussent, une sinusite pour un rhume, une gastro quand ils ont mal au ventre".

Les soignants doivent prendre des gants
Cela rend également le travail des médecins et des équipes soignantes plus difficile et complexe. Ils doivent faire attention à ne pas se faire embarquer dans les théories des patients, qui parfois n’en démordent pas alors qu’ils font fausse piste. Margot Bayart, vice-présidente de MG France rappelle donc à ses internes qu’ils doivent toujours prendre en compte les symptômes cliniques en "faisant abstraction du reste". C’est de cette façon qu’elle a réussi à détecter une infection du rein chez un patient qui était persuadé d’avoir la grippe. 

La faute à qui ? 
Et si de plus en plus de patients s’improvisent médecins c’est surtout  la faute d’Internet qui rend accessible en un clic des informations scientifiques souvent complexes qu’il convient de savoir interpréter. "Ils sont bien plus au courant qu’avant" confirme Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. Mais tous ces sites sont aussi des sources d’anxiété en raison de tous les témoignages que l’on peut y trouver, la plupart inquiétants et pas toujours fiables. On finit alors facilement par se reconnaitre dans des situations qui ne nous concernent absolument pas. "Parfois ils pensent avoir une pathologie grave, il faut alors les rassurer. On est là pour déconstruire les peurs"  souligne Margot Bayart.

Gregoire Pigné, co-fondateur de 360 Medics explique au Parisien qu’il revient ensuite aux médecins d’expliquer aux patients que leur diagnostic est inexact, même si cela permettrait aussi de créer des dialogues intéressants : "parfois, ils sont déçus de ressortir sans le médicament qu’ils voulaient. Mais à l’inverse, si un malade nous dit, je crains d’avoir cette pathologie, qu’il s’est renseigné, cela enrichit la discussion".

Si ça peut vous rassurer, on peut donc très bien continuer à aller se renseigner sur tous les sites et forums de santé, mais en veillant cependant bien à adopter un regard critique, nuancé et en ne les utilisant pas comme substituts à une consultation chez un professionnel de santé.

P.G.L

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