‘Les Délaissé.e.s des Fiertés’ prendront la tête de la Marche des Fiertés samedi pour dénoncer les violences médicales ‘Les Délaissé.e.s des Fiertés’ prendront la tête de la Marche des Fiertés samedi pour dénoncer les violences médicales

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‘Les Délaissé.e.s des Fiertés’ prendront la tête de la Marche des Fiertés pour dénoncer les violences médicales par Anne Lods

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Publié le Vendredi 28 Juin 2019

La Marche des Fiertés a lieu ce samedi 29 juin à Paris. Un évènement attendu par la communauté LGBT+ mais cette année surtout, par le Mouvement "Les Délaissé.e.s des Fiertés". Né de la colère des personnes intersexe invisibilisées, le mouvement prendra la tête du défilé pour dénoncer les mutilations dont elles sont victimes.

Plus que quelques heures avant la Marche des Fiertés parisienne, qui se déroule ce samedi 29 juin 2019. Si toute la communauté LGBT+ est attendue par les organisations pour fouler le pavé et porter haut leurs couleurs en musique, les militant.e.s du Collectif Intersexe et Allié.e.s sous le mouvement éphémère "Mouvement des Délaissé.e.s des Fiertés", défileront quant à eux en tête de la Marche sous un soleil de plomb, pour exprimer leur colère. Leur mot d’ordre ? Dénoncer les violences de l’institution médicale envers les communautés LGBTI+ et en particulier les personnes intersexe qui subissent encore aujourd’hui des mutilations et des traitements forcés. Lassés et épuisés de ce silence et par le pinkwashing qui s’installe petit à petit dans tous les évènements officiels, ils ont décidé de marquer le coup. Pour l’instant, le mouvement compte entre 80 et 100 militants et rassemble queer, trans, gays, lesbiennes et inter. On a interrogé Mischa, membre du Collectif Intersexe et Allié.e.s, pour qu’il nous explique leur démarche. 

"Ce mouvement est né d’une frustration, de ce besoin d’exister, nous raconte-t-il. Il tient à plusieurs choses, comme le tabou orchestré par le corps médical sur nos existences, nos conditions et le fait que de nombreuses personnes intersexes évoluent dans l’idée qu’il ne faut surtout pas parler de nos variations, les cacher, les gommer. Les médecins n’utilisent d’ailleurs pas le mot ‘intersexe’ et préfèrent employer des termes spécifiques et pathologisants." L’intersexuation n’est en effet pas une maladie, et touche environ 2% de la population. Ce qui a des conséquences sur la santé des personnes intersexes sont les opérations et traitements forcés. La France a d'ailleurs été condamnée en 2016 par l'ONU pour ses mutilations sur les enfants intersexes.
La deuxième raison de leur révolte prévue samedi, ancrer leur identité et leur existence dans le présent. "Etre intersexe peut aussi être un marqueur identitaire, poursuit Mischa, une identité politique ! On peut marcher dans une Pride en réclamant des droits et en étant fier d’être inter !"

Car le nom du mouvement, "Délaissé.e.s des Fiertés", n’est pas vide de sens. En effet, les réalités intersexes sont encore méconnues et peu mises en lumière, y compris au sein de la communauté LGBT+. "C’est facile de nous ignorer, de nous oublier dans ces conditions, continue-t-il. C’est facile aussi de nous confisquer la parole et de la transformer, sous prétexte que nous ne pouvons nous permettre d’être vigilant.e.s à ce sujet. Les organismes qui nous ‘offrent leur soutien’ ont l’air de penser qu’ils pourront se contenter du minimum avec nous. Nous sommes les seul.e.s expert.e.s de nos existences et sommes énervés. Nous marcherons uniquement pour nous, pour que l’attention soit portée sur nos revendications." Une démarche d’autant plus urgente pour eux aujourd’hui, alors qu’une révision des lois de bioéthique est prévue ces prochains mois, et ils fondent beaucoup d’espoir sur elle.

"Mon message à moi c’est de montrer que nous n’avons pas besoin qu’on nous traite comme une cause abstraite et déshumanisée pour nous défendre. On sait le faire. conclut Mischa. Je voudrais dire aux associations, aux organisateurs, aux médias, aux politiques et aux organismes ‘on ne vous attend pas. Si vous n’assurez pas, on fera sans vous’. Ce n’est pas parce que ce n’est pas facile de parler de nous, que c’est impossible. Je n’attends rien d’autre que de montrer cela. Par contre, j’espère que l’attention portée sur nous pourra alerter l’opinion, et rappeler nos existences et nos exigences. J’attends que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et protègent les enfants et les personnes intersexes."

Pour tout comprendre, découvrez ou redécouvrez notre interview Rep à Ça avec Mischa :

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