Le hashtag #MeTooTrans dénonce les violences quotidiennes dont sont victimes les personnes trans Le hashtag #MeTooTrans dénonce les violences quotidiennes dont sont victimes les personnes trans

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Le hashtag #MeTooTrans dénonce les violences quotidiennes dont sont victimes les personnes trans par Pierre-Guillaume Ligdamis

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Publié le Mercredi 13 Novembre 2019

Sur le même modèle que #Metoo, le hashtag #MeTooTrans permet cette fois-ci de libérer la parole des personnes trans qui témoignent de leurs expériences douloureuses de transphobie et de transmysoginie sur Twitter.

Agressions verbales ou physiques, remarques ou blagues déplacées, harcèlement… Voilà quelques-uns des fléaux auxquels doivent faire face les personnes trans au quotidien. Afin de leur donner la parole, Lucile une jeune femme trans qui répond au pseudo de @LJMaria1 sur Twitter, a lancé le 10 novembre 2019 un hashtag intitulé #MeTooTrans
Dans un tweet elle explique que celui-ci est calqué sur "le modèle de dénonciation qu’était #Metoo" avant d’inviter les personnes trans souvent peu entendues à raconter leurs "expériences de transphobie et de transmysoginie" sous ce hashtag. Comme l’explique Lucile au Huffpost, c’est à la suite de la publication d’un article de TV5monde qui s’interrogeait sur la naissance d’un mouvement Metoo pour les femmes transgenres, qu’elle a été sollicitée pour lancer le fameux mot dièse.

Et l’engouement a été immédiat, sûrement parce que cette initiative était nécessaire. Les témoignages ont donc abondé sur le réseau social, certains parfois durs à lire, choquants, mais qui confrontent à une réalité, qu’il conviendrait de davantage mettre en avant.  
Parmi les nombreuses confessions, on peut notamment constater que les personnes trans sont le plus souvent victimes d’agressions physiques et sexuelles, d’une cruauté terrifiante, et qui surviennent aussi bien de la part d’inconnus, que de personnes faisant partie de leur entourage proche. Autant d’histoires qui font écho à l’agression transphobe très médiatisée de Julia Boyer en mars 2019 à Paris, qui avait déjà permis d’ouvrir les yeux de la société sur la réalité de nombreuses personnes trans. Il n’en demeure qu’il ne s’agissait malheureusement que d’un cas parmi tellement d’autres plus "silencieux". 

 

 

Comme le rappelle le HuffPost, Joël Demier, le président de l’association SOS Homophobie avait d’ailleurs estimé que parmi toutes les minorités LGBTQ+, les personnes trans étaient certainement celles qui étaient le plus souvent agressées et/ou harcelées. Il avait alors déclaré : "dès lors qu’on ne correspond pas à un stéréotype de genre, masculin ou féminin, cela dérange profondément. On attend certaines choses d’un homme et d’une femme et si l’on ne remplit pas ces attentes, on subit brimades et insultes. D’autant plus que lorsque le genre ne semble pas bien établi, les gens ont tendance à perdre pied et devenir agressifs".

Au-delà de la violence physique, le poids des mots
A travers le hashtag #MeTooTrans, outre les violences physiques, beaucoup de personnes trans évoquent également toutes ces remarques, ces questions et ces insultes déplacées, indiscrètes, discriminantes et humiliantes auxquels il faut aussi douloureusement faire face. Dans des situations de la vie quotidienne : chez le médecin, à la pharmacie, lors d'un entretien d'embauche ou d'une visite d'appartement.
 

Traitées de monstres par certains, mégenrées, fantasmées ou considérées comme des objets de curiosité par d’autres, les personnes trans se voient sans cesse rappeler leurs différences mais aussi le fait qu’elles sont encore loin d’être complétement intégrées et acceptées par la société. On touche à leur intimité parfois sous couvert "d'’humour", en omettant toute notion de respect et l’impact que cela peut avoir sur ces personnes d’un point de vue psychologique. 

Cela est d’autant plus difficile à surmonter quand ces insultes et cette incompréhension viennent de la part de proches ou de membres de la famille. Dans plusieurs tweets, des personnes trans racontent qu’elles se sont vues dans l’obligation de couper les ponts avec leurs parents ou leurs grands-parents parce que ces derniers n’avaient pas réussi ou n’avaient pas fait l’effort de les comprendre et d’accepter la situation, préférant ainsi les rejeter.

Des messages dont beaucoup sont teintés de colère. La colère de ne pas toujours être compris, d’être souvent mis à distance, qui s’ajoute à celle de devoir vivre dans la peur constante d’être attaqué. 

Dans tous les cas ce hashtag permet au moins de contribuer à la sensibilisation vis-à-vis de cette cause. "Pour que les gens se rendent compte de ce que l’on vit (en tant que personne trans)" comme le souligne Lucile.

Pierre-Guillaume Ligdamis

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