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L’algorithme d’Instagram met les influenceurs sens (dessus) dessous

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Publié le Mardi 16 Juin 2020

Instagram est le deuxième réseau social le plus utilisé en Europe avec 140 millions d'utilisateurs mensuels et nombre d'entre eux ont une activité lucrative grâce à la plateforme. Ce 15 juin 2020, Mediapart vient de révéler “une prime à la nudité ”, rendue possible par l'algorithme d’Instagram qui laisse entendre que plus les utilisateurs de l'application dévoilent leur corps, meilleure sera leur visibilité.

Cette étude menée durant 6 mois par les journalistes Nicolas Kayser-Bril et Judith Duportail, et financée par l’European Data Journalism Network et Algorithm Watch, a étayé des hypothèses, plutôt probantes, sur l’influence de l'algorithme d’Instagram sur le “feed” des utilisateurs. C’est à dire le déroulé des publications que le réseau social choisi de mettre en avant sur le total des comptes suivis. Tout a commencé d’une lecture d'un brevet déposé en 2015 par deux ingénieurs de Facebook (qui possède également Instagram), indiquant un score d'engagement attribué à chaque image, “qui correspond à la probabilité que tous les utilisateurs ont d'interagir avec un objet multimédia donné”.

Cependant les journalistes sont préoccupés par les témoignages “d’influenceuses” qui indiquent ne “poster” maintenant que des images en lingerie ou maillot de bain pour attirer un maximum d'audience et après avoir consulté les statistiques mises à disposition sur l’application.

Après un suivi sur un panel de volontaires et l'analyse de 2500 images, le constat est saisissant pour Judith Duportail, également autrice de L'Amour sous algorithme : “une photo où une femme est déshabillée a 1,6 fois plus de chances d'être montrée, et pour les hommes 1,3”.

 

La statisticienne Kira Schacht ayant travaillé sur ce rapport qu'elle a intitulé “Undress or Fail” - “Déshabille-toi ou échoue”, a réparti ses recherches sur trois critères majeurs : “le niveau de nudité”, “le genre”, et “l'ethnicité”. Elle arrive à la conclusion que beaucoup plus d’images sexuellement évocatrices et de nudité, tous genres confondus, sont apparues de façon éloquente et récurrente sur le flux d'images des data-utilisateurs volontaires, proportionnellement à la quantité de contenus existants.

Interrogée sur le sujet par plusieurs médias, la marque n'a cependant pas encore répondu spécifiquement aux questions sur ce biais provoqué par leur algorithme, et a jugé que l'analyse n’avait pas été réalisée à assez grande échelle pour qu'elle soit considérée comme significative.

Pourtant, cette enquête démontrerait d’autres contradictions avec le “shadow ban”, cette pratique du réseau social, régit par son algorithme, dont le but est de limiter des contenus homophobes ou pornographiques. Il avait d’ores et déjà été démontré que ce dernier avait tendance à écarter le plus souvent “les personnes handicapées, obèses, racisées ou LGBT+” parmi ses utilisateurs.

 

Hasitha Ratnayake

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