La moitié des Français n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants étudier dans une autre région La moitié des Français n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants étudier dans une autre région

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La moitié des Français n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants étudier dans une autre région

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Publié le Jeudi 21 Novembre 2019

Selon une étude menée par l’Ifop pour la Fondation Jean Jaurès et l’association Chemins d’avenir, une famille sur deux n’aurait pas les moyens de payer un logement étudiant à leurs enfants, en dehors de leur région de résidence.

Le 8 novembre dernier, un étudiant lyonnais de 22 ans s’immolait par le feu. Un acte désespéré à travers lequel il souhaitait avertir le gouvernement de l’extrême précarité dans laquelle lui, et des milliers d’étudiants, vivent. Le jeune homme avait récemment perdu sa bourse après avoir triplé sa deuxième année de licence, le laissant ainsi dans l'incapacité de subvenir à ses besoins et de poursuivre ses études correctement. Il a survécu à sa tentative de suicide, bien que placé en coma artificiel depuis.
Son geste a permis de mettre en lumière une réalité : tous les Français n’ont pas les moyens de payer leurs études ou celles de leurs enfants, loin de là. Ces quinze derniers jours, de nombreux Tweetos ont ainsi exprimé leur soutien à l’étudiant blessé en partageant leurs témoignages, et de nombreux médias ont relaté les histoires d’étudiants français en galère. De ceux qui sont contraints de ne manger qu’une fois par jour, à ceux qui doivent tout bonnement faire une croix sur leurs études

Ces inégalités ont enfin des chiffres associés. Quelques jours avant le drame, la Fondation Jean Jaurès et l’association Chemins d’Avenir avaient en effet fait appel à l’Ifop pour dresser un bilan de la situation financière estudiantine française. Des jeunes de 17 à 23 ans ont ainsi été interrogés sur leur "choix d’orientation et leur rapport à l’avenir" et les résultats ont été relayés ce mercredi 20 novembre par Franceinfo. Le résultat est alarmant.
A la question : "vos parents peuvent-ils ou pouvaient-ils financer le fait que vous soyez obligé de prendre un logement pour suivre des études qui ne se situent pas à proximité de chez eux ?", ils étaient en moyenne 48% à répondre par la négative. Un pourcentage qui grimpe jusqu'à 56% pour les jeunes issus des zones rurales.
"La part du budget consacré au logement est aussi aujourd'hui la part la plus importante pour les familles", a analysé Jérémie Peltier, directeur des études de la Fondation Jean Jaurès. "La question des études supérieures, mais aussi la question du logement, touchent forcément de façon plus criante et plus déterminante des jeunes qui grandissent dans des hameaux ou des villages éloignés des grandes métropoles", développe, quant à elle, Salomé Berlioux, présidente de l'association Chemins d'avenir et co-auteure de l’étude. Un tiers des jeunes interrogés ont donc dû - ou doivent - renoncer à leurs études en raison de la distance entre leur domicile et leur lieu de formation. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que le lieu de résidence familial influence les choix de plus de la moitié des jeunes, soit 52% d’entre eux. Il s'agirait donc d'un réflexe quasi-instinctif ? 

La faute au manque d’information
La situation financière et/ou géographique familiale ne serait en fait pas l’unique raison à cet abandon. En effet, selon cette étude, un sondé sur deux (51%) éprouverait des regrets quant à son orientation. 66% estimeraient en effet n’avoir pas eu suffisamment connaissance des différents éléments pour s’orienter correctement. "Les jeunes sont dans des situations très différentes, entre ceux qui peuvent se tourner vers leur famille, et dont la famille a des réponses, et ceux pour qui la famille n'en a pas forcément", a expliqué Salomé Berlioux, suivie de Jérémie Peltier. "On voit le caractère très injuste de ce capital familial et social entre jeunes d'un même pays. Cela ne repose pas sur la méritocratie républicaine mais sur les inégalités de naissance." A Salomé Berlioux de conclure : "les jeunes des territoires, qui vivent loin des grandes métropoles, sont – le terme est fort – 'assignés à résidence' alors qu'il n'y a aucune raison qu'ils le soient." Une situation discriminante à laquelle il serait temps d’apporter une réponse plus efficace qu’un numéro d’urgence, comme l'a annoncé Emmanuel Macron. Et si l'on aidait enfin les jeunes à s'orienter et à faire leurs études ? 

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