Inde : la Cour suprême dépénalise l’homosexualité Inde : la Cour suprême dépénalise l’homosexualité

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Inde : la Cour suprême dépénalise l’homosexualité par Anne Lods

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Publié le Jeudi 6 Septembre 2018

Ce jeudi 6 septembre 2018, la Cour suprême de Delhi a jugé "illégal" un article du code pénal qualifiant l’homosexualité de crime. Le texte, qui datait de l’ère coloniale, était décrié depuis plusieurs années dans le pays.

L’homosexualité n’est plus illégale en Inde. Les juges de la Cour Suprême de Delhi ont voté, ce jeudi 6 septembre, pour la dépénalisation des relations homosexuelles dans le pays. Une décision historique pour le pays qui compte 1,25 milliard d’habitants. D’après le code pénal indien, qui ne date pas d’hier puisqu’il remonte à l’ère coloniale britannique, l'homosexualité était illégale, qualifiée de "sexe contre nature" et passible de prison à vie. L’article était devenu "une arme de harcèlement contre la communauté LGBT" pour le président de la Cour Suprême, Dipak Misra, jugeant que "toute discrimination fondée sur la sexualité équivalait à une violation des droits fondamentaux". Il était donc grand temps de le modifier.

Réclamée depuis plus de vingt ans, la dépénalisation de l’homosexualité avait déjà été évoquée en 2009 lors d’un jugement à la Haute Cour de Delhi. Pourtant, deux juges de l’institution avaient annulé la procédure : ce n’était pas à la justice de prendre une décision, mais aux législateurs. Un retournement de situation qui a ému les défenseurs de la dépénalisation qui s’étaient lancés dès lors dans une bataille pour leurs droits.

Alors comment en est-on arrivé là ? Ces dernières années, un vent soufflait quand même en faveur des défenseurs car la jurisprudence du pays réfléchissait à la reconnaissance d’un troisième genre ou encore à la sanctuarisation du droit à la vie privée. Cette dernière a été implicitement votée dans le pays l’année dernière et les juges y incluaient naturellement le droit à avoir son orientation sexuelle. Pour arriver à cette dépénalisation officielle, les cinq magistrats de la Cour suprême ont donc entendu les arguments de plaignants homosexuels, parmi lesquelles figuraient plusieurs célébrités indiennes. Après réflexion, la décision a été prise à l’unanimité et annoncée dans un discours émouvant. "L’Histoire doit des excuses à cette communauté (LGBTQ+) et à leurs familles, pour le retard à corriger l’ignominie et l’ostracisme dont ils ont souffert à travers les siècles", a déclaré l’un des juges. Un énorme pas en avant pour le pays où certains habitants des zones reculées considèrent encore l’homosexualité comme une maladie mentale ou la comparent à la zoophilie. Rappelons qu’elle est toujours un crime dans quelque 70 pays du monde. Peut-être devraient-ils tous prendre modèle sur l’Inde… puis s’excuser.

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