Harcèlement de rue : déjà 447 amendes pour "outrage sexiste" depuis août 2018 Harcèlement de rue : déjà 447 amendes pour "outrage sexiste" depuis août 2018

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Harcèlement de rue : déjà des centaines d'amendes pour "outrage sexiste"

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Publié le Jeudi 2 Mai 2019

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes, se félicite du bon fonctionnement de sa loi sur les outrages sexistes. Avec 447 amendes depuis août 2018, elle souhaite continuer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans la rue. Mais ce texte est toutefois sujet à critiques. On fait le point.

Adoptée l’an passé à l’Assemblée Nationale, la loi contre les "outrages sexiste" de Marlène Schiappa a entraîné 447 amendes depuis son entrée en vigueur, en août 2018.

"Vous étiez nombreux sur ces bancs à nous dire que ça ne marcherait jamais, que nous n’arriverions pas à caractériser l’outrage sexiste", a commenté la secrétaire d’Etat dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le 29 avril 2019. Mais ces chiffres montreraient selon elle que "(ce) dispositif est efficace, et il va monter en puissance".

Alors que la France est le premier pays au monde à pénaliser le harcèlement de rue, cette loi est visée par plusieurs critiques. Tout d’abord, en raison du risque qu'elle stigmatise en premier lieu des hommes racisées et/ou issus des classes populaires. En septembre 2017, dans une tribune publiée dans Libération, une quinzaine de militant.e.s avaient évoqué leurs craintes. "En insérant la catégorie ‘harcèlement de rue’ dans le domaine pénal, la rue devient la cible des politiques publiques. Du même coup, elle vise les populations qui l’occupent, lesquelles appartiennent souvent aux fractions paupérisées et racisées", pouvait-on y lire.

Des militante pointent un autre problème. A savoir, la définition de "l’outrage sexiste" en question. Dans un tweet, Valerie Rey Robert, autrice du récent ouvrage La Culture du Viol à la Française et voix influente du féminisme contemporain, écrit ainsi : "Avant de se réjouir qu’il y ait eu 400 condamnations pour outrage sexiste, interrogeons-nous sur celles qui étaient à la base des agressions sexuelles (et qui ont donc été déqualifiées)". Une question légitime, à laquelle la secrétaire d'Etat n'a pour l'instant pas réagi. 

Christelle Murhula

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