Haine sur Twitter : les femmes noires particulièrement touchées, selon Amnesty International Haine sur Twitter : les femmes noires particulièrement touchées, selon Amnesty International

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Haine sur Twitter : les femmes noires particulièrement touchées, selon Amnesty International

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Publié le Mercredi 19 Décembre 2018

Lundi 17 décembre 2018, Amnesty International a dénoncé via une étude la haine qui s’exprime sur Twitter, et la faible implication de la plateforme pour endiguer le phénomène. Les femmes racisées y sont particulièrement touchées et les Noires, "ciblées de manière disproportionnée".

C’est un travail d’ampleur qu’a mené Amnesty International, avec l’aide de la start-up québécoise Element AI et de 6 500 volontaires, surnommé la "Troll patroll". Ces derniers ont épluché pas moins de 228 000 tweets envoyés à 778 femmes politiciennes ou journalistes, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, durant l’année 2017. Et le résultat est édifiant. Selon l’ONG, "une femme reçoit un tweet injurieux toutes les 30 secondes" sur Twitter. Pour un total, estimé par extrapolation, de plus d’1,1 million de messages "problématiques et abusifs".
 


Et ce déferlement vise tout particulièrement certaines d’entre elles, explique Amnesty. "Nous avons constaté que les femmes de couleur étaient beaucoup plus susceptibles d'être touchées et que les femmes noires sont ciblées de manière disproportionnée", détaille Milena Marin, responsable de la recherche de l’ONG. Les femmes racisées ont ainsi "34% de risque en plus" d'être mentionnées dans un tweet abusif ou problématique que les femmes blanches, un risque qui atteint les 84% pour les Noires. L’ONG dénonçant sans détour le manque d’implication de la plateforme contre ces démonstrations haineuses. "L'échec de Twitter à modérer la violence et les abus a un effet dévastateur sur la liberté d'expression en ligne et sape la mobilisation des femmes pour l'égalité et la justice", souligne son rapport.

En France, de nombreuses internautes ont partagé sur les réseaux ces chiffres, qui viennent corroborer leur propre expérience. Pas sûr que cela poussera Twitter à prendre des mesures : comme le soulignent Les Echos, le réseau a indiqué dans son rapport bisannuel, publié le 12 décembre, que 2,8 millions de comptes ont été signalés pour comportement abusif entre janvier et juin. 248 000 de ces demandes ont entraîné des sanctions, soit à peine 9% d'entre elles.

 

C.C-M.

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