Filmer ou photographier sous les jupes d’une femme sera désormais puni en Angleterre et au Pays de Galles Filmer ou photographier sous les jupes d’une femme sera désormais puni en Angleterre et au Pays de Galles

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Filmer ou photographier sous la jupe d’une femme sera désormais puni en Angleterre et au Pays de Galles par Marine Decremps

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Publié le Mercredi 16 Janvier 2019

D'actualité en Écosse depuis 2009, une loi rendant le fait de filmer ou de prendre en photo l’entrejambe d’une femme non-consentante en Angleterre et au Pays de Galles vient d’être adoptée.

Nous l’avons fait !”. Pour Gina Martin qui a lancé une campagne contre l’upskirting – le fait de prendre une photo ou de filmer sous la jupe d’une femme sans son consentement – le traumatisme s’est transformé en victoire. Victime de deux hommes qui ont pris une photo sous sa jupe à son insu lors du festival British Summer Time à Londres, l’écrivaine n’a eu de cesse que de faire reconnaître cet acte comme une infraction criminelle.
Une législation vient d’être enfin adoptée pour rendre cette pratique illégale en Angleterre et au Pays de Galles. La nouvelle législation, approuvée à la Chambre des Lords ce mardi 15 janvier 2019, devrait recevoir l’avis royal favorable et ainsi les délinquants risqueront jusqu'à deux ans de prison. Ils pourront également être inscrits au registre des délinquants sexuels. “Il y a dix-huit mois, j’ai été victime lors d’un festival de musique et j’ai décidé que je n’allais pas laisser tomber”, a déclaré Gina Martin après l’approbation du projet de loi. Elle avait à l’époque alerté la police qui avait classé l’affaire indiquant qu’il n’y avait pas en l’espèce de violation de l’intimité puisque la photo avait été prise dans un lieu public. Il ne s’agissait pas non plus, selon eux, d’une agression sexuelle puisqu’il n’y avait pas eu de contact physique. Gina Martin avait alors entrepris de faire changer la loi et avait lancé une pétition récoltant plus de 100 000 signatures.
Le projet fait partie d’une proposition de 2003 sur les infractions sexuelles en Angleterre et au Pays de Galles. En Écosse il avait été adopté en 2010. En 2018, l’agence Press Association avait découvert que la police avait poursuivi 78 infractions liées au upskirting depuis 2015. Seules 11 personnes avaient été inculpées. De nombreuses affaires avaient dû être abandonnées faute de preuves.

En France, jusqu’en juillet 2018, la “capture d’images impudiques” bénéficiait d’un vide juridique. Un nouvel amendement au projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles devait dès lors prévoir la condamnation de cette pratique. En janvier à Aix, un homme a été jugé en récidive pour atteinte à l'intimité par des enregistrements présentant un caractère sexuel, sa condamnation s'élève à 18 mois de prison dont un an ferme et six mois avec sursis.
Si l'Écosse a été le pays pionnier en 2009, la Belgique sanctionne l'upskirting depuis 2014 dans une loi relative à la lutte contre le sexisme dans l’espace public, qui punit le fait de "réduire une personne à sa dimension sexuelle, entraînant une atteinte grave à sa dignité". Au Canada, "quiconque sciemment publie, distribue, transmet, vend ou rend accessible une image intime d’une personne […] sachant qu’elle n’y a pas consenti" peut encourir jusqu’à cinq ans de prison.

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