Etude : 42% des Français.es estiment que la victime a sa part de responsabilité dans un viol Etude : 42% des Français.es estiment que la victime a sa part de responsabilité dans un viol

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Près de la moitié des Français.es estiment encore que la victime a sa part de responsabilité dans un viol par Anne Lods

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Publié le Mercredi 19 Juin 2019

Selon une étude Ipsos dévoilée par "20 Minutes" ce mercredi 19 juin, les stéréotypes sur le viol et les violences sexuelles seraient encore très ancrés dans la mentalité des Français.es.

L’association Mémoire traumatique et victimologie a souhaité mesurer si les représentations des Français.es sur le viol et les violences sexuelles avaient changé au lendemain de #MeToo. L’enquête, menée sur 1 000 personnes par Ipsos et dévoilée en ce mercredi 19 juin dans 20 Minutes, révèle des chiffres inquiétants. 

Tout d’abord, et c’est certainement le plus grave, les victimes de viol seraient de plus en plus remises en cause. On appelle cela le victim-blaming. Alors comment cela se traduit-il ? Pour 42% des sondés, la responsabilité du violeur serait atténuée si la victime a eu une attitude provocante en public. On ne sait pas ce que signifie "avoir une attitude provocante", mais on imagine qu’il s’agit d’images très erronées… Ensuite, 31% d’entre eux considèrent qu’une victime de viol est en partie responsable si elle a déjà eu des relations sexuelles avec l’agresseur. Un chiffre en augmentation de 4 points depuis 2015. Pour 37% des Français.es, les victimes accuseraient également souvent leur agresseur à tort uniquement par déception amoureuse ou soif de vengeance. Soit plus d’un tiers des sondés … Enfin, 28% d’entre eux pensent que beaucoup de viols ayant fait l’objet de plaintes n’en sont en fait pas. 

Une ignorance du sujet

En plus de remettre en cause la parole des victimes, les sondés ont également une très mauvaise connaissance du sujet. Selon l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, "la violence sexuelle reste perçue par l’opinion sous l’angle de la sexualité, du désir ou de la pulsion, voire considérée comme un malentendu." Plus d’un tiers des Français.es imagineraient donc qu’un viol a le plus de risque d’intervenir après 18 ans. C’est faux, 51% des victimes déclarent avoir subi les premières violences sexuelles avant 11 ans, et 81% avant 18 ans. 
Plus d’un sondé sur deux imagine aussi que c’est dans l’espace public que l’on court le plus de risque d’être violé.e. C’est également faux : 90% des viols sont commis par des proches de la victime. 

Toutefois, tous les chiffres issus de cette étude ne sont pas aussi négatifs. Pour 83% des personnes interrogées, le mouvement #MeToo a contribué à la libération de la parole des femmes et renforcé leur capacité à porter plainte. 69% d’entre eux pensent qu’elles trouveront plus de soutien dans leur entourage et avec les témoins. Enfin, il sont 57% à penser que #MeToo améliorera peut-être les relations entre les femmes et les hommes.

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