Dropshipping : Quand les influenceurs.ses font du business (très) sale et trompent leurs abonnés Dropshipping : Quand les influenceurs.ses font du business (très) sale et trompent leurs abonnés

News

Quand les influenceurs.ses font du business (très) sale et trompent leurs abonnés par Anne Lods

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

5 minutes

Publié le Mercredi 28 Novembre 2018

Les influenceurs vivent d’un métier qui n’existait pas il y a encore dix ans et font rêver. Nombreux sont ceux qui profitent de cette notoriété et de leur communauté pour créer leur propre marque. Sauf que certains tromperaient leur monde et revendraient des articles de piètre qualité achetés en gros sur la toile.

Maquillage, coaching sportif personnalisé, bijoux ou encore tisanes révolutionnaires, depuis quelques années, l’offre explose sur Internet. Des marques créées par des influenceur.ses qui suscitent l’émoi des internautes et connaissent un succès fou. En septembre dernier, la youtubeuse beauté Sananas lançait sa marque de maquillage qui se retrouvait sold out en seulement quelques heures. Seulement un mois plus tard, c’était au tour de Gaëlle Garcia Diaz de sortir la sienne et de remuer la toile. Enfin, dimanche dernier, Nabilla présentait sa marque de rouge à lèvres. On l’aura compris, ces femmes ne se contentent plus de vivre des collaborations avec des marques, mais profitent de leur notoriété et de leur communauté pour créer la leur. Pourquoi pas.

Pourtant, certain.es influenceur.ses ne seraient pas aussi "réglo". On connaît déjà ceux qui achètent des abonnés, mais il y en a aussi qui, surfant sur la tendance, revendraient des articles achetés en gros dans des entreprises comme AliBaba, feignant d’avoir monté une petite entreprise à leur image. C’est une vidéo de la Youtubeuse Hellcat qui nous a mis sur la voie, il y a quelques semaines. Dans celle-ci, la jeune femme dénonce, parmi d’autres, les possibles arnaques de l’influenceuse Chloé B. En été dernier, la blogueuse sort une collection de maillots de bain en collaboration avec une de ses amies : Peachy Swim. Dans une vidéo à ses abonnés, Chloé B, 617K followers et de son vrai nom Chloé Bleinc, raconte la genèse de sa marque. Les deux créatrices se seraient beaucoup inspirées de ce qu’elles voyaient sur Instagram pour créer leur gamme, auraient délocalisé la production en Chine pour des questions d’argent et les tailles n’iraient que du 34 au 38. Des détails qui sèment le doute chez certains internautes : ces maillots de bain ressembleraient à s’y méprendre à des modèles présents sur des sites chinois comme Zaful ou AliExpress… mais sont vendus par l'influenceuse une trentaine d’euros plus chers. Néanmoins, il n’y a rien d’illégal à revendre des produits achetés en gros, contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette pratique porte un nom : le dropshipping. La manière de le faire, quant à elle, est discutable, nous y reviendrons.



Car Chloé B n’est évidemment pas la seule à profiter du dropshipping, il existe même des tutos sur Youtube pour apprendre à se faire le maximum de marge. Et depuis quelques jours, c’est l’entourloupe de deux influenceurs, EmmaCakeCup (1,4 M d’abonnés) et son compagnon Vlad Oltean (1,2 M d’abonnés) qui a été dévoilée par le twittos @Doubleshit, qui sème la terreur sur la toile.

Les deux influenceurs ont en effet successivement fait du placement de produit pour différents items comme des montres, des accessoires mobiles, mais aussi des stimulateurs d’activité physique. Renvoyant leurs abonnés par un simple swipe sur des sites fraîchement créés pour l’occasion, Emma et Vlad ont trouvé le bon filon : revendre des produits de très basse qualité et achetés moins de 10 euros, à des prix pharaoniques, tout en faisant croire à une réduction. Prenons la montre connectée. Dans le thread, sur une capture d’écran, on voit l’accessoire en promo : 79,90€ au lieu de 429€. Il ne faut pas s'y méprendre, il s'agit d'une montre que l’on trouve entre 9 et 12€ sur le site AliExpress. Si, encore une fois, la pratique est discutable, il s’agit en plus d’un prank : les sites disparaissent une fois les commandes passées, sans savoir si les clients ont reçu ou recevront leur achat. Sur ces sites on ne trouve d’ailleurs aucun numéro de siret, ni même de mentions légales, bref, une arnaque.

Enfin, ce qui dérange autant, c’est que ces influenceurs, modèles de self-made men et women, dupent leurs abonné.e.s sans rougir. Car, à coup de vidéos, de pubs, de stories et de posts, ces derniers martèlent leur audience, en les persuadant que c’est une création originale, un bout d’eux-mêmes et que c’est une bonne affaire. D’après Vincent Manilève, auteur de Youtube, derrière les écrans, ça fait partie intégrante de l’éco-système des influenceurs qui veulent capitaliser. "Pour l’influenceur lifestyle, c’est un moyen de s’impliquer directement et de ne plus seulement parler du travail des autres, nous explique-t-il. Le fait d’avoir sa propre marque fait moins culpabiliser que lorsqu’on fait des placements de produits. On est fier, c’est moins gênant d’en parler à ses abonnés". Pourtant, le spécialiste de la question est aussi convaincu que les ados - qui tombent dans le panneau et achètent les produits - n’ont pas le recul nécessaire. "Ils voient dans leurs Youtubeurs ou blogueurs préférés des grands-frères ou des grandes-soeurs. Ils leur font confiance et ne se posent pas de question", poursuit-il. Une pratique cynique pour lui, car à travers les commandes directes des téléphones (swipe, sites en version mobile) tous les indices qui peuvent faire penser à une arnaque sont dissimulés et les codes promos font rêver. De quoi faire des abos des proies faciles. Des influenceurs donc, loin d’être des modèles de vertu.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptés à vos centres d’intérêts, dans le respect de notre politique de confidentialité. Cliquez ici pour en savoir plus