Comment, dès l’enfance, l’espace public est réservé aux garçons Comment, dès l’enfance, l’espace public est réservé aux garçons

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Comment, dès l’enfance, l’espace public est réservé aux garçons par Anne Lods

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Publié le Mardi 18 Septembre 2018

Dans un entretien au Monde, la géographe du genre Edith Maruéjouls explique les bienfaits des cours de récré non-genrées, comme celle mise en place dans une école maternelle de Trappes depuis cette rentrée. De quoi alimenter les réflexions sur l’espace public, où les hommes sont rois.

"L’aménagement des cours de récréation participe de la ségrégation entre les garçons et les filles". Ce constat est celui d'Edith Maruéjouls, géographe du genre, dont Le Monde vient de publier une passionnante interview. Dans son édition du dimanche 16 septembre, le journal revient sur une nouveauté de la rentrée 2018 : la création d'une cour de récréation "non-genrée" à l’école maternelle Michel-de-Montagne de Trappes, afin d’inciter les filles et les garçons à échanger davantage. Selon Edith Maruéjouls, "les filles ne se sentent pas légitimes à occuper l’espace dans une cour de récréation". En effet, les cours sont automatiquement organisées autour d’un terrain de football, majoritairement utilisé par les petits garçons. Quant aux filles, elles n’ont qu’à jouer autour et se faire les plus discrètes possible, tout comme les enfants dits "non-conformes", ceux en surpoids notamment. Et cette organisation n'a rien d'un détail : d'après la spécialiste, elle remet en cause dès l’enfance "une égalité de droit entre les hommes et les femmes", jetant les bases d’une société patriarcale. Elle permet aussi que des réflexes homophobes s'installent chez les enfants, puisque les garçons qui ne jouent pas aux "jeux de garçons" se voient du coup "traités" de filles.

L'intérêt de proposer des cours de récré non-genrée ? Permettre de déconstruire les sales habitudes qui perdurent ensuite dans les autres espaces publics, et qui font que les hommes occupent toute la place comme sur le terrain de foot de leur enfance. On pense bien sûr au harcèlement de rue, au mainspreading ou au classique "pipi en pleine rue" (quand on a eu la flemme de chercher un des urinoirs réservés aux garçons).
De son côté, Edith Maruéjouls travaille sur les solutions pour pallier ce problème, avec l’association Genre et Ville et l’Atelier recherche observatoire et égalité. "Pour permettre plus de mixité, la meilleure des façons est de ne pas prescrire d’usage, comme celui du foot, poursuit-elle dans Le Monde. (…) Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas y jouer, mais on doit pouvoir rendre l’espace plus modulable pour que chacun se l’approprie." C'est-à-dire ne plus positionner le terrain de foot au centre, mais aussi encourager les enfants à pratiquer des jeux et des activités non-genrés, comme la danse ou le chant.

Anne Lods avec Coline Clavaud-Mégevand

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