Cher Touche Pas à mon Pote (non), arrête de dire n’importe quoi sur le viol conjugal Cher Touche Pas à mon Pote (non), arrête de dire n’importe quoi sur le viol conjugal

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Cher Touche Pas à mon Poste (non), arrête de dire n’importe quoi sur le viol conjugal par Coline Clavaud-Mégevand

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Publié le Vendredi 26 Octobre 2018

Jeudi 25 octobre, l'émission Touche Pas à Mon Poste est revenue sur une polémique autour du viol conjugal, lancée par Fun Radio. Bilan : une véritable foire à la saucisse à base de justifications des violences sexuelles et de clichés, sans aucune prise en compte de la réalité, ni même de la loi.

On savait Touche Pas à Mon Poste capable d’alimenter les pires clichés misogynes, homophobes, transphobes et racistes. Hier soir, l’émission a ajouté une nouvelle thématique à son panel : le viol, et plus spécifiquement, le viol conjugal. Dans le plus grand des calmes (ou plutôt, dans un vrai-faux clash dont le talk-show a le secret), l’équipe est revenue sur une polémique lancée par Fun Radio. Dans le cadre de l’émission Loving Fun, la station avait partagé le 23 octobre ce sondage Twitter : "Charlotte ne supporte pas que son mec lui fasse l’amour la nuit quand elle dort. Vous trouvez cela normal ?". Un message agrémenté d’un émoji 'petits cœurs', histoire de montrer qu’on parle ici d’amour et pas d’"une pénétration obtenue sous la menace, la contrainte ou la surprise" – soit la situation décrite dans le sondage et la définition légale du viol.

De quoi susciter les réactions outrées des nombreux.ses internautes, qui ont dénoncé une légitimation du viol et réussi à faire supprimer le tweet par la station. Des twittos.as en ont profité pour rappeler qu'être en couple ne signifie pas devoir faire l'amour dès que l'autre le réclame, et que toute pression de sa part (insister, chercher à faire culpabiliser...) revient à ne pas respecter son consentement. Message reçu cinq sur cinq par Touche Pas à Mon Poste ? Que nenni. Jeudi 25 octobre, l’émission a même jugé qu’il y avait là matière à débat.
Dans une séquence hallucinante, Géraldine Maillet a commencé par s’en prendre à Marlène Schiappa, qui avait rappelé la station à l’ordre dans un tweet. La Secrétaire d’Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes souhaiterait "judiciariser les rapports sexuels" et créer "un code civil du sexe" selon la chroniqueuse, qui a ainsi repris la rengaine préférée des violeurs et des harceleurs ("On ne peut plus draguer ni baiser sans que les féministes s’en mêlent"). Quant à Delphine Wespiser, elle a estimé que l’attitude du conjoint de Charlotte, la jeune femme citée dans le sondage, avait un côté "tout à fait mignon et sympa", et que si la jeune femme n’était pas contente, elle n’avait qu’à "se séparer, tout simplement"… Une petite musique qu’on entend trop souvent quand on parle de violences conjugales, et qui ne prend pas en compte les processus d’emprise complexes auxquels les victimes font face, ou encore la fragilité économique qui peut les contraindre à rester avec leur compagnon maltraitant. Mais la palme d’or du grand n’importe quoi revient à Matthieu Delormeau, qui est venu alimenter les pires clichés sur le viol, comme on peut le voir dans l'extrait ci-dessous.

Petit rappel des derniers chiffres de la Délégation aux droits des femmes à l’Assemblée Nationale, publiés en 2017 : en France, 91% des victimes de violences sexuelles connaissaient leurs agresseurs, et 45% d’entre eux sont des conjoints ou ex-conjoints. De quoi faire voler en éclats l’image du violeur armé dans un parking ou une ruelle que nourrit Delormeau, celle-là même qui pousse les victimes à se taire, la police et la justice à ne pas les croire si elles parlent, et qui permet l’impunité des coupables. En France, un homme a en effet plus de chance de se faire violer que d’être condamné pour viol, puisque seule une femme sur dix arrive à porter plainte, et qu’une plainte sur dix débouche sur une condamnation. La colère qui s’exprime actuellement sur les réseaux est donc plus que légitime, n’en déplaise à Cyril Hanouna, qui a expliqué hier qu’on ne pouvait plus rien dire à cause de ça. Il a une nouvelle fois prouvé le contraire devant un million de téléspectateurs.

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