"No-flush movement" : afin de lutter contre le gaspillage, des écologistes recommandent de se tourner vers les toilettes sèches "No-flush movement" : afin de lutter contre le gaspillage, des écologistes recommandent de se tourner vers les toilettes sèches

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"No-flush movement" : afin de lutter contre le gaspillage, des écologistes recommandent les toilettes sèches par Pierre-Guillaume Ligdamis

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Publié le Mercredi 11 Décembre 2019

Lassés de gaspiller de l’eau toute ces fois où il faut tirer chasse, de plus en plus de personnes commencent à réfléchir à des alternatives. A commencer par les toilettes sèches qui semblent connaître un engouement plutôt inattendu.

Afin de protéger la planète et mettre un frein au gaspillage de nos précieuses ressources, toutes les solutions sont bonnes. Rien ne se perd tout se transforme et ce même dans nos toilettes. Bien déterminés à prendre au pied de la lettre ce précepte du chimiste Lavoisier, de nombreuses personnes songeraient à changer leurs WC classiques pour des toilettes sèches. De quoi leur permettre de ne plus évacuer des litres d’eau à chaque fois qu’il faut tirer la chasse mais aussi de se servir de leurs déchets comme engrais pour leur jardin. Astucieux certes, glamour un peu moins.
C’est le journal britannique The Guardian qui fait état de cette "tendance" qui a l’air de se répandre progressivement au Royaume-Uni. Pays dans lequel le simple rinçage des toilettes représente un tiers de la consommation d’eau des ménages. A savoir que le traitement de l’eau est aussi responsable d'environ 1% des gaz à effet de serre en Angleterre. 

Ainsi, au dernier festival Glastonbury, fin juin 2019, il y avait plus de 1000 sanitaires à compost installés. Les festivaliers étaient alors invités à se munir d’une pelle et d’un sceau rempli de sciure de bois afin de recouvrir leurs excréments après la grosse commission. Les déchets étaient ensuite collectés et compostés avant d’être redistribués à plusieurs fermes de la région. Une solution plutôt bien accueillie par les personnes qui y ont eu recours, d'après les organisateurs de l'événement. 

Interrogé par le quotidien anglais, Fin Jordão, biologiste et spécialiste des toilettes sèches soutient qu’il faudrait que l’on reconsidère notre vision des déchets humains : "les déchets ne sont pas un mot digne du 21e siècle et de la société écologique que nous essayons de bâtir"
Il raconte par exemple avoir réussi à planter plus de 70 arbres autour de sa maison très récemment grâce à l’engrais récolté par le biais de ses toilettes sèches. 
En ce qui concerne l’odeur, pour lui elle n’est pas pire qu’une autre, il la décrit comme un mélange entre "une odeur de feuilles, de houmous, de sol de forêt, ou de champignon". Apétissant...
Il conseille en effet de recouvrir les défections solides par de la sciure ou de la cendre de bois, de la litière pour chat ou de la fibre de coco. 

Une alternative aux engrais artificiels
Pour tous les fervents défenseurs des toilettes sèches, il s’agirait surtout d’une alternative aux engrais artificiels pour les sols agricoles souvent épuisés et en manque d’alimentation. Selon un agriculteur : "l’urine serait notamment particulièrement riche en phosphore, composant essentiel des engrais industriels".
En réalité, les compagnies des eaux du Royaume-Uni recycleraient déjà plus d’un million de déchets humains en biosolides à usage agricole. Toutefois les traitement sont souvent longs et fastidieux, très contrôlés par la législation afin d’éviter les risques de contamination et d’extraire uniquement les qualités nutritives. 

Aussi, on voit fleurir de plus en plus d’entreprises qui se spécialisent dans la vente de toilettes sèches aux particuliers. Des dispositifs déjà mis en place dans des zones qui n'ont pas accès à l'eau potable. Mais leurs fondateurs reconnaissent qu’il faut être prêts à opter pour cette solution qui n’est pas adaptée à tout le monde.
Seul l’avenir nous dira si ce "no flush movement" ou "mouvement sans chasse d’eau" saura s’installer davantage au point d’assister un jour à la disparation des toilettes modernes. Pour l’instant ce n’est pas encore gagné et on a presque envie de dire tant mieux. 
 

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