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Harcèlement de rue : 5 astuces imparables pour se débarrasser d’un relou par Anne Lods

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Publié le Mardi 13 Novembre 2018

Comment réagir quand on subit du harcèlement de rue ou lors d'une agression ? Doit-on répondre, surenchérir ou bien tenter d'ignorer le coupable ? J'ai suivi un stage de self-défense avec l’association Self Collective et retenu cinq astuces qui marchent à coup sûr pour se débarrasser d’un relou, voire d'un agresseur.

"Hé oh, ça va, fais pas la gueule ! ". Il est 16h et, dans la rue, comme quasiment chaque jour, un homme se permet de faire une réflexion sur la tête que je fais (ou que j’ai), en me tutoyant. Un exemple-type de harcèlement de rue. Il aurait pu me siffler, me faire comprendre que j’étais à son goût à base de gestes obscènes, se frotter contre moi dans le métro et bien pire encore. Pourtant, quelque chose ce jour-là n’est pas habituel. Je sors d’un stage de self-défense et je me sens plus forte face à lui.

Organisé par l’association Self Collective, ce stage de trois jours était destiné à des jeunes filles de 13 à 17 ans. Nathan Obadia, le fondateur, accompagné de deux formatrices surnommées "ninjas", leur ont donné les clés nécessaires pour apprendre à se réapproprier l’espace et à se positionner face à une situation inconfortable. Si ce stage en accéléré était proposé aux adolescentes pendant les vacances scolaires, ils forment les femmes adultes le reste de l’année. Le maître-mot ? La bienveillance envers le reste du groupe, mais surtout, envers soi-même. C’est donc tout naturellement qu'on apprend les bases du consentement, des astuces simples pour se protéger lorsqu’on se sent en danger mais aussi des rudiments de techniques de self-défense, pour gérer face à un agresseur. Voici les 5 astuces imparables (et que l’on peut cumuler) que j'ai retenues.

#1 Dire "Stop !"
C’est l'essence du consentement : établir ses propres limites et les signifier à l’autre. Ça fonctionne dans l’espace public mais aussi dans la sphère de l’intime ou dans un cabinet médical, bref : partout. Quand on n’a pas envie, ou qu’on veut mettre le holà face à une situation désagréable, rien ne doit nous empêcher de dire "non" ou "stop". Les deux sont a priori des signaux verbaux. Mais on peut également les communiquer à travers notre gestuelle, grâce à notre main. Pas besoin de doigt d’honneur, simplement, on présente fermement la paume de sa main à hauteur du haut du buste. En cumulant parole et geste, on s’assure de passer un message clair à notre agresseur. Enfin, on garde en tête que l’on a toujours le droit de changer d’avis, dans toutes les situations.

#2 Se protéger
Se protéger, c’est adopter le "bon" comportement face à un relou : celui qui va le faire cesser. De l'homme qui nous regarde avec insistance dans le métro à celui qui nous insulte dans la rue, le plus important est de se défaire de son emprise. Ainsi, pour échapper à un regard lourd dans une rame, le meilleur moyen est de balayer des yeux l'espace de manière horizontale. On s'intéresse ainsi à ce qui nous entoure, sans perdre de vue le mec chelou. Le regarder de la même manière pourrait être perçu comme une marque de défi et nous mettre en danger, donc mieux vaut oublier. On n’hésite pas par contre à changer de place ou à descendre à la station d’après, 3 minutes de retard vallant parfois mieux que de subir ce type de comportement.
Pour finir, et ça fonctionne dans toutes les situations, on garde toujours l'agresseur dans son champ de vision, pour anticiper ses mouvements et pouvoir agir en circonstances, même si cela veut dire adopter une démarche de crabe. On retient aussi que pour éviter une situation plus violente encore, il est préférable d'éviter de répondre sur le même mode que l'agresseur, même si on bouillone intérieurement. Exemple : si un homme nous traite de salope dans la rue, on souffle, on fixe un point au loin et on avance sans regarder ni répondre.

#3 Interpeller les gens et l’agresseur
Bien sûr, lorsqu’on se sent en danger, il ne faut jamais hésiter à demander de l’aide autour de soi. Néanmoins, il arrive que personne ne remarque l’agression, ou qu’elle ne puisse être réglée avec l’aide d’un tiers, ou encore, que l'interpelé choisisse de reste passif. Dans ce cas, on interpelle l’agresseur lui-même, en lui relatant les faits. Face à un frotteur par exemple, on énonce : "Monsieur, vous avez les mains sur mes fesses, j’aimerais que vous les enleviez". On parle suffisamment fort et fermement pour que les passagers autour entendent et on change de place. Encore une fois, on n’insulte pas la personne et on la frappe encore moins… même si on en a très envie.

#4 Ne jamais être là où on nous attend
Il faut surprendre l’agresseur autant qu’il nous surprend. Pour ça, on n’hésite pas à faire preuve de créativité. Par exemple, si on sent qu’on se fait suivre de près, on fait mine d’être en pleine conversation téléphonique et on ne lésine pas sur les détails sordides : "C’est horrible, meuf ! En ce moment, j’ai mes règles, ça coule de ouf, ça me colle au cul, j’en ai trop marre. En plus, dans ces cas-là j’ai une chiasse monumentale, j’ai l’impression de me vider du contenu entier de mon corps. Je suis au bout de ma vie". De quoi calmer un libidineux en deux-deux. Autrement, si l’on sent un regard sur nous, on peut aussi adopter un comportement instable : on remue la jambe en poussant des grognements à intervalles réguliers, on déclame un texte de théâtre par coeur en mettant le ton et, si on veut aller à fond, on peut même baver. Quid des gens autour ? On ne les reverra jamais, l’important c’est de déstabiliser le mec potentiellement dangereux et de s'éloigner le plus rapidement possible.

#5 Utiliser la force correctement (et en dernier recours)
Il arrive que ces 4 astuces ne fonctionnent pas car l’agresseur se montre physiquement violent, nous attrapant par exemple le bras ou l’épaule. Qu’à cela ne tienne, on peut utiliser des techniques de self-défense très simples à retenir, à apprendre auprès de spécialistes. Deux règles à respecter impérativement avant d’en venir à la force :
- On n'insulte ni n'utilise par la violence en premier. Insulter est rarement une stratégie efficace et la violence ne peut être utilisée qu’en cas de légitime défense. L'homme violent peut toujours se retourner contre nous et porter plainte pour agression verbale ou physique... Il peut donc y avoir des conséquences physiques, mentales, juridiques et financières très graves.
- On ne frappe jamais dans la trachée. Si l’on se fait frapper ou saisir, on préfère mettre un grand coup dans l’oreille de l’agresseur, ce qui l’étourdira suffisamment longtemps pour qu’on puisse s’enfuir, toujours en le gardant dans son champ de vision. Sinon, on vise les genoux, les parties génitales et le visage.

Pour apprendre à se défendre et bien plus encore, Nathan Obadia et toute l’équipe de Self Collective organisent des formations à destination des femmes adultes à partir de 15 ans. Basées sur des techniques de respiration, de méditation, de self-défense, de renforcement musculaire mais aussi de théâtre, il faut compter 450€ pour 25h de cours intensifs en petit comité qui permettent de développer des automatismes, ou 350€ à l'année pour assister à des ateliers hebdomadaires. Plus d’informations sur le site de Self Collective.

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