Voyage : faut-il arrêter de prendre l'avion pour sauver la planète ? Voyage : faut-il arrêter de prendre l'avion pour sauver la planète ?

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Voyage : faut-il arrêter de prendre l'avion pour sauver la planète ? par Valentine Cinier

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Publié le Vendredi 9 Août 2019

Face à l’ampleur du réchauffement climatique, faut-il arrêter de prendre l’avion ? Le mode de transport le plus polluant est déjà boudé par les plus écolos d’entre nous. Vélo, train, van : voici quelques alternatives pour ceux qui veulent voyager sans couler la planète.

"Nous ne prendrons plus l’avion !" telle est la résolution du manifeste Stay on the ground porté par Julien Goguel, et publié dans Libération en février dernier. Point data flippant soulevé dans l’article (et sur lequel nous sommes nombreux à encore fermer les yeux) : le transport aérien génère une quantité énorme de CO2. Un seul aller-retour Paris-New York équivaut à autant d’émissions de gaz carbonique (2,5 tonnes par passager) qu’une année entière de déplacements, chauffage et alimentation pour un Français moyen...
Alors, comment allier conscience écolo et vacances bien méritées ? Si un voyage en avion demeure exceptionnel (bien), il existe un moyen de minimiser son impact environnemental (encore mieux). C’est le choix qu’ont fait Marc et Olivia. Ce jeune couple soucieux de son empreinte carbone a déboursé 350 euros pour compenser les émissions de son voyage de noces en Namibie avec des dons à deux associations, Reforest’Action et CO2 Solidaire. Selon eux, "il ne faut surtout pas prendre la compensation comme une solution miracle. Car une fois le trajet effectué, le carbone est dans l’atmosphère. Le geste le plus écologique, c’est donc avant tout la réduction, en nombre de trajets et en distance." De son côté, le PDG de Voyageurs du Monde, Jean-François Rial, tente de "déculpabiliser ses clients" en leur assurant désormais une empreinte carbone 100 % neutre via une opération de recréation de mangrove... Mais le plus efficace reste évidemment d’opter pour des modes de transport plus verts. La preuve par trois.

PÉDALER ENTRE LA FRANCE ET L'ANGLETERRE
Vous l’ignoriez peut-être mais il existe un itinéraire cyclo-friendly reliant Paris à Londres. L’Avenue verte peut être parcourue de bout en bout ou bien par étapes. D’abord, aller de Paris jusqu’à Dieppe, soit en traversant les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, puis l’Oise, soit en passant par les Yvelines et le Vexin avant de rejoindre le pays de Bray. On peut aussi pédaler sans s’arrêter jusqu’aux côtes normandes avant de prendre le ferry (un peu moins écolo) pour accoster à Newhaven. Pour rejoindre la capitale anglaise, il faudra ensuite rouler vers Brighton en empruntant les jolis sentiers de la campagne british avant d’atteindre les premières villes de Crawley, Redhill et Coulsdon. La fin du périple vous emmène au cœur de Londres pour un brunch bien mérité chez TY ou Farm Girl Café. Après plus de 400 kilomètres dans les jambes, un long week-end de shopping et de détente sera évidemment bienvenu. L’itinéraire peut se faire en huit à dix jours selon votre rythme et votre condition physique.
Prix Le voyagiste italien Verde Natura, spécialiste du cyclotourisme, propose un séjour tout compris de Paris à Londres à partir de 839 € (et à partir de 1 200 € avec un guide).
Distance Un peu plus de 400 km.
Empreinte écologique 0 sauf pour les 4 heures de ferry Dieppe-Newhaven (qui pollue moins que l’avion certes, mais plus que l’Eurostar), environ 19 € l’aller simple.
Infos Avenuevertelondonparis.com, Verde-natura.it.

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Un aller-retour Paris-New York équivaut à autant d’émissions de gaz carbonique qu’une année entière de déplacements, chauffage et alimentation pour un Français moyen...

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MONTER DANS UN TRAIN POUR MILAN
Le train est encore le moyen de transport le plus ecofriendly, alors on file en Italie pour s’imprégner de l’héritage culturel de Leonardo da Vinci. À l’occasion du 500e anniversaire de la mort du maître de la Renaissance, la mairie de Milan et la SNCF Voyages Italia proposent un voyage immersif en TGV au départ de Paris. En environ sept heures de train, vous aurez de quoi observer les œuvres et décorations de l’artiste au château des Sforza à travers une expérience de réalité virtuelle. Une fois sur place, foncez découvrir les chefs-d’œuvre de la pinacothèque de Brera. Pour une pause "art moderne", rien de mieux que la fondation Prada et son ravissant Bar Luce imaginé par le célèbre réalisateur Wes Anderson. Vous pouvez aussi piocher d’autres idées de voyages dans l’ouvrage Slow Train (de Juliette Labaronne, éd. Arthaud, 21 €), qui compile trente échappées ferroviaires pour citadins en mal de nature. Parfait pour ceux qui veulent bouger local et tranquille, sans plomber leur bilan carbone, ni leur budget.
Prix À partir de 103 € par personne.
Distance 639 km.
Empreinte écologique 1,53 kg CO2.
Infos Oui.sncf, Fondazioneprada.org, Turismo.milano.it, Pinacotecabrera.org.

EXPLORER LE PAYS BASQUE EN COMBI VAN
Un kilomètre en avion émet deux fois plus de CO2 qu’un kilomètre parcouru seul en voiture. Le voyage en van (pas encore électrique, hélas) s’avère donc aussi une solution plus écologique, à condition d’être plusieurs à bord. N’oublions pas non plus l’économie d’eau et d’électricité réalisée si on zappe l’hébergement hôtelier. Du coup, il faudra se contenter d’un confort rudimentaire même si les loueurs de vans ont fait beaucoup de progrès. Campy Camper, par exemple, propose des vans pour deux ou quatre personnes à louer au départ de Biarritz. De quoi se régaler des plages et du ciel abyssal jusqu’en Espagne. À moins de trois heures de Biarritz, il y a le désert des Bardenas, qui, avec ses pics et ses vents sableux, a des airs de Grand Canyon. Prévoyez une étape au très instagramable hôtel Aire de Bardenas avec ses chambres bulles pour observer la nuit étoilée loin du tumulte des villes.
Prix À partir de 49 € par jour (pour deux personnes).
Distance 400 km.
Empreinte écologique 60 kg CO2 l'aller-retour.
Infos Campycamper.com, Airebardenas.com/fr.
 

Article paru dans le numéro 9 de GLAMOUR

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