Planète : les conséquences dramatiques des feux qui ravagent l’Australie Planète : les conséquences dramatiques des feux qui ravagent l’Australie

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Planète : 6 chiffres pour comprendre l’étendue du drame australien par Tess Annest

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Publié le Samedi 4 Janvier 2020

Alors que la situation s'aggrave en Australie et que l’état d’urgence a été déclenché ce vendredi 3 janvier 2020 dans plusieurs états du pays, l’heure est aux bilans, tous désastreux.

Voilà bientôt quatre mois que l’Australie brûle. En proie aux flammes depuis septembre 2019, elle ne se relèvera jamais entièrement de ces incendies meurtriers. Depuis le début de la crise, l’équivalent de la superficie de la région PACA additionnée à la moitié de la Corse a déjà quasiment disparu et au moins vingt-trois personnes sont mortes. Malheureusement, selon le Bureau météorologique australien, la situation ne va pas aller en s’arrangeant. Les expert.e.s ont d’ores et déjà annoncé des températures supérieures aux 40°C pour les prochains jours. Un cauchemar pour le pays, qui ne compte plus les dégâts. 

#1 Des millions d’hectares de forêts ont disparu 

Cinq à six millions : ce sont les hectares de forêts qui auraient déjà été rayés de la carte, soit l'équivalent de deux fois la superficie de la Belgique. Et là encore, les nouvelles ne sont pas bonnes. Un pic de chaleur est à prévoir ce samedi 4 janvier 2020 et devrait considérablement aggraver la situation. Dans les trois états les plus touchés par les incendies, 100 000 personnes ont été invitées à évacuer. 

#2 Plusieurs millions d’animaux ont péri 

Depuis septembre 2019, l’Australie fait face à un réel désastre écologique. 480 à 500 millions d’animaux ont perdu la vie dans les flammes. Parmi eux, des mammifères, des oiseaux et des reptiles, ainsi que des insectes, des grenouilles et des chauves-souris qui n’ont pas pu être comptabilisé.e.s. Principale victime de ces feux dévastateurs : le koala. Trop lent pour échapper aux flammes, il voit aussi la majeure partie de son habitat naturel, 30% selon la ministre de l’Environnement, Sussan Ley, partir en fumée. Ainsi, selon le Times, un tiers de ces animaux vivant au nord de Sydney aurait disparu et à en croire l’ampleur des dégâts, les feux pourraient avoir des conséquences durables pour l’écosystème australien. 

#3 Disparition d’une partie du patrimoine mondial de l’Unesco 

Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000, les Montagnes Bleues se situent en Nouvelle-Galles du Sud, état le plus meurtri par les incendies. Elles abritent de nombreuses espèces rares comme des wombats et des opossums. Mais selon les dernières estimations scientifiques, 50% de la superficie de cette chaîne montagneuse aurait déjà disparu. 

#4 Des glaciers néo-zélandais colorés 

Pourtant situés à des milliers de kilomètres des côtes australiennes, plusieurs glaciers néo-zélandais deviennent petit à petit ocres voire bruns. La faute aux émanations de fumées qui ont parcouru plus de 2 000 kilomètres à travers la mer pour atteindre la Nouvelle-Zélande et qui contaminent la neige. Un phénomène très inquiétant qui fait craindre aux scientifiques une accélération de la fonte des glaciers concernés et qui, à terme, altérera leur capacité à renvoyer l’énergie solaire. Dans une interview accordée au Guardian, Andrew Mackintosh, professeur à l'université Monash et ancien directeur du Antartic Research Center, a estimé que cet événement pourrait faire augmenter la fonte des glaciers de 20 à 30% la saison prochaine.

#5 D'énormes pertes matérielles 

À en croire les chiffres dévoilés par le gouvernement australien le 3 janvier 2020, 2 500 bâtiments ont été détruits depuis septembre 2019, principalement en Nouvelle Galles du Sud. Parmi eux, 1 300 maisons. 

#6 Des fumées toxiques dans les grandes villes du pays 

Épargnées par les violents feux, les métropoles australiennes n’en restent pas moins touchées par les émanations toxiques. Melbourne, Sydney et Canberra respirent ainsi un air de plus en plus pollué, faisant craindre des répercussions sanitaires graves. En décembre 2019, un épais nuage de fumée a recouvert Sydney, ce qui aurait couté entre 12 et 50 millions de dollars australiens à la municipalité.

Face à la gravité de la situation, le premier ministre australien, Scott Morrison, a décidé d'apporter son soutien... À l'industrie du charbon, pourtant en partie responsable des incendies qui ravagent son pays. Décrié pour son climato-scepticisme et pour son récent voyage à Hawaï alors que les feux faisaient rage, il a été hué à son arrivée à Cobargo, en Nouvelle-Galles du Sud, le 2 janvier 2020. Certain.e.s ont même refusé de lui serrer la main, estimant que l'homme n'était pas capable de gérer la crise actuelle.

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