Le "blob fish", ou poisson le plus laid du monde, n’est en fait pas du tout moche Le "blob fish", ou poisson le plus laid du monde, n’est en fait pas du tout moche

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Le "blob fish", ou poisson le plus laid du monde, n’est en fait pas du tout moche

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Publié le Mercredi 17 Avril 2019

Rose, gluant et doté de traits qui évoquent un humain très laid, le blob fish est moqué sur le Web depuis des années. Au point qu’on a oublié qu’il était en réalité un poisson tout à fait ordinaire, victime de nos systèmes de pêches ultra-destructeurs.

Quand on pense "animaux en voie d’extinction", on imagine plus volontiers un noble tigre de Sibérie ou un mignon panda chinois. Au risque d’oublier les vilains, les chelous et les gélatineux, comme le blob fish, ce poisson qui s’était vu attribuer le titre d’"Animal le plus laid du monde" par des internautes du monde entier, en 2013.

Un vote cruel ? Seulement en apparence, puisque c’est la Ugly Animal Preservation Society qui en est à l’origine. L’association britannique cherchait en effet à promouvoir la protection de toutes les espèces, y compris les plus vilaines selon les critères humains. Si l’initiative avait remporté un vif succès en termes de communication – l'animal est depuis devenu une star du Web, avec son lot de mèmes et de créations digitales en tous genre –, on a un peu oublié son but initial. Mais aussi, la véritable histoire du blob fish, alias Psychrolutes microporos.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

in our #blobfish familee... we feel like this everyday????.

Une publication partagée par Timothee( ͡° ͜ʖ ͡°) (@timothee.the.blobfish) le


C’est une expédition scientifique baptisée Australian-New Zealand NORFANZ qui l’a collecté en 2003, à une profondeur estimée entre 1013 et 1340 mètres, au nord-ouest de la Nouvelle Zélande. Baptisé Mr. Blobby par les membres de l’expédition, en référence à une sorte de Casimir rose apparaissant dans un show britannique des 90s, il a ensuite été confié à l’Australian Museum. Sur sa petite photo d’identité, devenue virale dix ans plus tard lors du concours, il apparaît flasque, avec un parasite dans la bouche qui ressemble à des glaires et une sorte de nez ramollo. De quoi lui assurer son titre de roi des bestioles laides… Sauf qu’en réalité, les Psychrolutes microporos sont des poissons tout à fait ordinaires, quand les humains ne viennent pas les chercher au fond de l’eau.

En effet, ces créatures abyssales évoluent à des profondeurs où la pression est 60 à 120 fois supérieure à celle exercée au niveau de la mer. Leur corps est du coup constitué principalement d’une matière gélatineuse, dont la densité est plus faible que celle de l’eau. Idéal pour ne pas être écrasé par la pression, mais aussi, pour se nourrir des détritus marins qui flottent, eux aussi, entre deux eaux.

Problème : le blob fish est victime du chalutage de fond intensif, qui racle tout sur son passage, y compris les espèces non-comestibles comme la sienne. Et sa croissance étant lente et son rythme reproductif, mou, il est aujourd’hui menacé d'extinction. C'est d’ailleurs le changement de pression ultra-rapide, causé par la remontée à la surface dans les filets, qui lui confère cet aspect gélatineux qu’il n’a pas sous l’eau. De quoi nous rappeler l’importance d’œuvrer pour une pêche plus respectueuse des fonds marins, mais aussi, d’adopter une consommation diversifiée et raisonnée des produits de la mer. Les moches, comme les autres.

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