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La pollution pourrait avoir un impact sur les cycles menstruels et les grossesses

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Publié le Samedi 21 Décembre 2019

Selon plusieurs études publiées dernièrement, la pollution et le réchauffement climatique que cela entraîne pourraient avoir un impact direct le cycle menstruel et sur les grossesses des femmes.

Nous ne l’avions pas vu venir. Pourtant, la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique qui lui est associé, pourraient créer des dérèglements importants sur le fonctionnement du corps des femmes. En effet, selon deux études récentes, la première pourrait modifier la durée de leur cycle menstruel tandis que le second diminuerait leur temps de gestation. Bref, la pollution et la chaleur pourraient peut-être, à long terme, avoir un impact sur la fertilité, au niveau mondial. 

Les effets de la pollution sur le cycle menstruel

Dans une étude publiée le 16 novembre et effectuée par des chercheurs français de l’Inserm, les particules fines présentes dans l’atmosphère auraient tendance à augmenter la durée du cycle menstruel. Notamment la phase folliculaire, soit celle qui correspond à la croissance d’un ovocyte jusqu’à l’ovulation.
Les scientifiques ont suivi 184 femmes qui ne prenaient aucun contraceptif, pendant un mois, pour en venir à cette conclusion. Grâce à des analyses urinaires quotidiennes, ils ont ainsi pu mesurer la durée de chacune des phases folliculaires et lutéales (après l’ovulation) de toutes les participantes. Les niveaux de pollution dans lesquels évoluaient ces femmes ont également été pris en compte. 
Ainsi, plus les femmes étaient exposées à des particules fines avant leur cycle, plus l’ovulation arrivait tardivement au cours de leur cycle. "Chaque augmentation de 10 microgrammes par mètre cube de la concentration en particules fines dans l'air sur la période de 30 jours avant le cycle était associée à une augmentation de la durée de la phase folliculaire d'environ 0,7 jour", ont expliqué les scientifiques.

Selon Rémy Slama, directeur de recherche à l’Inserm, cela serait directement dû à une perturbation de l’axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien qui réagit directement aux perturbations environnementales mais aussi aux hormones, et donc au stress. En étant altéré par la présence de particules fines, l’ovulation serait donc "naturellement" retardée. 
Pas d’inquiétude notable à avoir cependant, il s’agit d’études préliminaires sur le sujet qu’il va falloir encore creuser pour en tirer davantage de conclusions.


Les effets du réchauffement climatique sur la grossesse

Selon une étude américaine publiée récemment dans la revue scientifique Nature Climate Change, la hausse des températures auraient un impact sur la durée des grossesses. Menée par Alan Barreca et Jessamyn Schaller, chercheurs à l’université de Californie et au Bureau national de recherche économique de Cambridge, lors des fortes chaleurs, les naissances seraient beaucoup plus nombreuses. Pour réaliser leur étude, ces derniers ont comparé les naissances, aux Etats-Unis, entre 1969 et 1988, ainsi que les températures qui avaient été enregistrées. De ces chiffres, ils ont constaté que le taux de natalité augmentait de 5% les jours où il faisait plus de 32,2°C. Les semaines de fortes chaleurs, les naissances avaient également lieu en moyenne six jours avant la fin du terme, et jusqu’à deux semaines avant. Selon eux, chaque année, plusieurs dizaines de milliers de nourrissons naîtraient un peu plus tôt que prévu, à cause des températures élevées. 

Comment l’expliquer ? Le stress causé par la chaleur pourrait être à l’un des facteurs à l’origine de ces naissances prématurées, car il augmenterait la contractilité de l’utérus, et faciliterait alors les contractions de l’accouchement. La déshydratation pourrait également entraîner un accouchement précoce. En effet, cette dernière réduit l’apport sanguin dans l’utérus et déclencherait également le travail.
Alan Barreca considère enfin que le manque de sommeil pourrait aussi venir perturber la grossesse. Mais si, vous voyez bien de quoi on parle : ces nuits d’été torrides où vous vous tournez et retournez dans votre lit à la recherche d’un carré de fraîcheur. 
Néanmoins, peut-être ne sera-t-il question que de s’y acclimater. En effet, d’après les chiffres et comme nous le rappelle Néon, les femmes qui vivent dans des régions chaudes du monde seraient moins touchées par ces naissances prématurées. Et les femmes riches aussi... Ces dernières, plus susceptibles de bénéficier d’un système de climatisation à la maison, protègeraient ainsi leur bébé. 

Anne Lods

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