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Grande Bretagne : pourquoi l’interdiction de la vente de chiots et de chatons dans les animaleries ne suffit pas par Sarah Ben Ali

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Publié le Mercredi 26 Décembre 2018

Le département britannique de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (DEFRA) vient d’annoncer la fin prochaine de la vente de chiots et de chatons dans les animaleries. Une initiative applaudie par les associations luttant pour le bien-être animal. Mais qu’en est-il des autres animaux de compagnie ? Décryptage…

La fin de cette année 2018 annonce de belles avancées pour le bien-être animal… Du moins en Grande Bretagne : le gouvernement britannique vient de promettre la fin de la vente de chiens et de chats âgés de moins de six mois dans les animaleries. Ceux qui souhaitent prendre sous leur toit un chaton ou un chiot devront contacter un refuge ou directement un éleveur.

Le vote de la loi, annoncée par le gouvernement, est intervenu suite à une polémique suscitée en 2013 après le sauvetage d’un Cavalier King Charles d'une ferme d’élevage au Pays de Galles. La chienne appelée Lucy a été retrouvée après avoir passé la plus grande partie de sa vie dans une cage. Ses hanches avaient fusionné à cause de la sédentarité et elle n’était plus capable d’avoir des portées. Son histoire a défrayé la chronique et a donné lieu à une compagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux...


 « Lucy’s Law », une loi anecdotique et insuffisante 

Si le processus législatif a été déclenché suite à cette malheureuse découverte, la "loi Lucy" reste restrictive et inefficace face à l’ampleur du phénomène. En effet, les minous et les canidés ne sont pas les seuls animaux de compagnie présents dans les animaleries. Aujourd’hui, on retrouve des oiseaux, des rongeurs et des poissons qui sont tout autant exposés aux mauvais traitements que les chats et les chiens. De plus, seuls les chats et les chiens de moins de six moins bénéficieront de cette mesure protectrice. Autrement dit, les autres seraient toujours exposés à la violence des animaleries. Seraient-ils moins sensibles à ces abus dès qu’ils aient franchi la barre des six mois ? On en doute.

Enfin, on ne peut pas examiner cette mesure sans se demander quelle différence fait le gouvernement britannique entre les animaleries et les fermes d’élevage. Il suffit de rappeler que Lucy, la chienne à l’origine de la polémique, avait été retrouvée chez un éleveur et non pas dans une animalerie. Il semble que les revendications de la société civile dans le cadre de la compagne de sensibilisation amenant au vote de "la loi Lucy", aient été tronquées et complétement dénaturées. Mais si la loi britannique est imparfaite, elle a le mérite d'exister et d'offrir une avancée qui, on l'espère, inspirera d'autres pays.


Une législation floue en France

En France, la dernière réforme en faveur du bien-être animal date de 2015, lorsque le législateur français avait reconnu aux animaux la qualité symbolique d'"êtres vivants doués de sensibilité". Une notion floue qui n’a pas d’impact réel sur les conditions d’élevage, de vente et d’exploitation des animaux. En effet, les lois protégeant les animaux en France restent hétérogènes et incohérentes. A titre d’exemple, on peut citer la situation juridique du lapin qui n’est pas protégé de la même manière selon qu’il soit qualifié d’animal de compagnie ou d’animal d’élevage.

La question de la protection des animaux domestiques reste suspendue et aucune initiative n’a été introduite au parlement dans ce sens. Plusieurs partis ont vu le jour pour porter cette cause devant les institutions notamment Le Parti animaliste (2016) et le parti du Rassemblement des écologistes pour le vivant REV (2018). En attendant, le gouvernement d’Edouard Philipe n’a formulé aucun souhait d'introduire des réformes dans le sens du bien-être animal.

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