Et s’il était temps de considérer les comportements bisexuels des animaux comme une norme ? Et s’il était temps de considérer les comportements bisexuels des animaux comme une norme ?

Planète

Et s’il était temps de considérer les comportements bisexuels des animaux comme une norme ?

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

4 minutes

Publié le Vendredi 22 Novembre 2019

Nombreuses sont les espèces animales à avoir des rapports sexuels avec des pairs du même sexe et du sexe opposé. Un fait qui intrigue les scientifiques depuis longtemps. Mais aujourd’hui, une récente étude les appelle à changer de point de vue. Et si c’était tout simplement "normal" ?

On compte en moyenne 1 500 espèces d’animaux qui auraient des comportements sexuels homosexuels. Qu’il s’agisse de l’étoile de mer, du crapaud ou encore même de l’oie. Des habitudes communément appelées "paradoxe de Darwin" chez les scientifiques, qui questionnent l’interêt de la pratique sur l’évolution. Si les animaux ne peuvent pas concevoir de cette manière, pourquoi continuent-ils de se tripoter même quand ils sont du même sexe ? 

Une question qui vient d’être ébranlée par une équipe de scientifiques de la Yale School of Forestry & Environmental Studies, dans une étude publiée dans la revue scientifique Nature Ecology & Evolution. Au lieu de vouloir trouver une solution, ces derniers se sont plutôt demandé : "et pourquoi pas ?". Une interrogation rafraîchissante qui apporte des réponses nouvelles : peut-être qu’un tel comportement fait partie ancestrale de la condition animale et persiste parce qu’elle leur apporte beaucoup d’avantages et très peu de conséquences. Si ce n’est aucune. "Nous proposons de modifier notre façon de penser sur les comportements sexuels des animaux, a déclaré Julia Monk, auteure principale de cette étude. Nous sommes enthousiastes à l'idée de voir comment l'assouplissement des contraintes traditionnelles sur la théorie évolutive de ces comportements permettra une compréhension plus complète de la complexité des comportements sexuels des animaux." 

D’abord, ce comportement pourrait être traduit par une relation directe entre l’envie de multiplier les partenaires sexuels de certaines espèces et la difficulté de discerner s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. "Si vous êtes trop regardant pour rencontrer des partenaires que vous imaginez être du sexe opposé, vous finissez par rencontrer moins d’individus, a analysé Max Lambert, l’un des co-auteurs de l’étude au site Phys.org. A l’inverse, si vous êtes moins regardant et que vous vous engagez dans des comportements à la fois hétérosexuels et homosexuels, vous pouvez multiplier les contacts, y compris les contacts reproductifs". En somme, les animaux seraient ainsi attirés par les autres membres de leur espèce plutôt que par leur genre, tout comme nos plus anciens ancêtres. En effet, cette habitude serait née, selon les auteurs, après le développement des caractères sexuels secondaires. 

En fait, cette habitude n’apporterait tellement rien de négatif, qu’elle aurait perduré chez certaines espèces. Les scientifiques qualifient d’ailleurs ce comportement de "neutre" : il n’a aucun effet négatif ou positif et persiste alors, car il n’existe aucune raison pour que la sélection naturelle ne l’élimine. Les chercheurs de rappeler que la théorie évolutionniste n’existe que si l’accouplement à comme unique but de se reproduire. Une hypothèse souvent infirmée par la nature, comme nous le rappelle le magazine Néon, qui donne pour exemple les relations interespèces, la masturbation animale et le coït avec des objets inanimés. Cette étude permettrait donc d’imaginer sous un nouveau prisme la sexualité animale et peut-être même leur plaisir. Elle remettrait également en place ceux pour qui l’association de deux individus du même sexe peuvent pousser à la haine. Il n’existe des comportements "normaux" et "anormaux" que dans le prisme - très réduit - humain. "Une fois que vous avez vraiment approfondi vos recherches sur le comportement des animaux, vous ne pouvez pas vous empêcher d'être impressionné par la diversité de la vie et par le fait que les animaux défient constamment nos attentes, conclue Julia Monk. Cela devrait nous amener à remettre en question ces attentes." Merci, on n’aurait pas dit mieux. 

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires