Citadins vs Wild : quand les hommes ne supportent plus les bruits de la nature Citadins vs Wild : quand les hommes ne supportent plus les bruits de la nature

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Citadins vs Wild : quand les Hommes ne supportent plus les bruits de la nature par Anne Lods

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Publié le Jeudi 8 Août 2019

Coqs, cigales ou encore grenouilles … Nombreux sont les animaux à avoir défrayé la chronique cet été, certains vacanciers ou néo-ruraux les trouvant trop bruyants. On fait le point sur ces humains qui posent problème.

Imaginez une plage de sable fin, les pins parasols, la mer azur et… Aucun bruit. Non, même pas celui des cigales. Cela vous semble insensé ? Nous aussi. Pourtant, le 22 juillet 2019, France Bleu Périgord a reporté une histoire des plus cocasses : des habitants d’une maison en Dordogne auraient fait appel à une entreprise de désinsectisation afin d’éliminer les cigales autour de chez eux. Elles seraient trop bruyantes à leur goût. Si l’entreprise a refusé d’intervenir pour protéger la biodiversité et l’environnement, ce couple de grincheux n’est pourtant pas le seul à se plaindre des bruits de la nature.

C’est même un phénomène que l’on observe beaucoup cet été : les citadins ne supportent plus le bruit des animaux. A Saint-Pierre-d’Oléron, on a suivi au début du mois de juillet l’aventure de Maurice, un coq dont les vocalises dérangeaient les voisins. Irrités par le fait qu’il chante trop tôt et trop fort, ces derniers avaient porté plainte contre lui, et sa maîtresse a dû comparaître en justice pour pouvoir conserver la garde de son chanteur. Le 28 juillet dernier, on apprenait également qu’à Arras, un homme avait porté plainte contre ses voisins pour tapage nocturne. Le couple ferait-il l’amour en pleine nuit, fenêtres ouvertes ? Peut-être, pourtant ce ne sont pas leurs galipettes qui l’auraient poussé au commissariat, mais bien les grenouilles qui habitent leur jardin et s'y reproduisent bruyamment. D'ailleurs, malgré leur taille, les grenouilles ne sont pas les seules à déranger leurs riverains. En effet, les hérissons seraient aussi source de tensions dans certaines régions d’Europe. En Allemagne, RTL reportait que tout un quartier avait contacté la police suite à des bruits violents qui les réveillaient en pleine nuit. Ceux de leurs coïts. Comme quoi, à la saison des amours tout le monde prend son pied, même les hérissons. Enfin, d’après le média France Bleu Auvergne, des habitants du Puy-de-Dôme se seraient également plaint des déjections d’abeilles qui laissaient leurs volets ou leur mobilier de jardin collants. Bref, les humains ont choisi l'année 2019 pour déclarer la guerre aux petits bonheurs de la nature.

Et il n’est rien de dire que ça ne plaît pas du tout aux maires des communes concernées qui, tour à tour, s’expriment sur le sujet et imposent même de nouvelles règlementations afin de préserver la campagne et ses bruits. Le maire de Saint-Pierre-d’Oléron, Christophe Sueur, qui soutient la maîtresse de Maurice le Coq a, à ce sujet posé un arrêté pour préserver "les modes de vie liés à la campagne notamment pour ce qui concerne la présence des animaux de la ferme". Le député Pierre Morel A L’Huissier, quant à lui, aurait rédigé une proposition de loi qui complète le code déjà existant du patrimoine. Aussi, il aimerait inscrire et protéger tous les bruits et odeurs émanants d’activités rurales traditionnelles et protégées. Une idée suivie par le maire de Pignols où les abeilles ont osé avoir des déjections, Christophe Georges. L’homme politique s’est en effet dit "stupéfait" et "fatigué" sur Facebook. Puis, il a fini par rappeler qu’il s’agissait d’un phénomène naturel et que les abeilles étaient nécessaires au bon fonctionnement de la biodiversité… Comme tous les autres animaux.
Bref, un peu de retenue messieurs, dames, on a besoin de campagne et de bruits de la nature pour vivre. Car non, la ligne 13 du métro parisien n’est pas une norme. 

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