RuPaul : tout ce qu'il faut savoir de son royaume sur talons hauts RuPaul : tout ce qu'il faut savoir de son royaume sur talons hauts

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RuPaul : tout ce qu'il faut savoir de son royaume sur talons hauts par Matthieu Bobard Deliere

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Publié le Vendredi 15 Mars 2019

"Sashay, Shantay !" Icône des 90s, emblème LGBT, RuPaul est l’une des personnalités américaines les plus flamboyantes de ces trente dernières années. A la tête du mastodonte "RuPaul’s Drag Race", la drag queen s’est construite un fabuleux empire. En voici l'étendue.

Sa Majesté RuPaul
"Drag, drag, drag it out !" En 1995, la France découvre une nouvelle forme d'art grâce aux Sisters Queens et leur bombe "Le Me Be A Drag Queen". Un travestisme autre que la Dalida cliché de chez Michou. Deux ans plus tôt, en 1993, Outre-Atlantique un homme agitait déjà les charts. Un homme. Une femme. Perchée sur des talons de 18 centimètres et dotée d’une taille à en faire pâlir Dita Von Teese, RuPaul – née RuPaul Andre Charles en 1960 à San Diego- entame sa success story. La drag queen classe son album "Supermodel (You better work)" au sommet, devient égérie MAC en 1995 et décroche son talk-show sur VH1 The RuPaul Show : "Le plus dur, c'était pour une drag de monter économiquement aussi haut que Rupaul est montée, maintenant la route est pavée pour que d'autres y arrivent", confie Alice Psycho, drag queen et membre du collectif FUGLY, revue drag qui parait chaque dernier vendredi du mois.

Une revanche pour celui qui a été écorché par une enfance tumultueuse, marquée par le divorce de ses parents. Après des débuts de carrière épineux à écumer les bars de Manhattan et battre ses addictions, RuPaul devient le représentant de la communauté gay le plus puissant de la décennie. C’est une autre idée du rêve américain, enfin ouvert à tou.t.e.s.

A la recherche de la prochaine superstar du drag
Si RuPaul enchaîne les albums et les apparitions en tout genre dans les 90s, les années 2000 sonnent comme un désamour de la drag queen qui peine à revenir au top. Mais comme une Madonna jugée ringarde ou une Britney Spears jugée terminée, RuPaul s’offre un come-back en 2009 et change le monde du drag. RuPaul’s Drag Race, diffusée aux Etats-Unis sur Logo puis sur VH1 (et enfin disponible en intégralité sur Netflix début 2019 en France), débarque comme un ovni cathodique. L'émission met en compétition des drag queens sur des épreuves, des défilés ou des lip sync battles (combat de play-back) afin de couronner la Nouvelle Star du drag. Langues de vipère assurées.



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Le plus dur, c'était pour une drag de monter économiquement aussi haut que Rupaul

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Le succès du show ne se dément pas : onze saisons, quatre éditions "All Stars", neuf Emmy Awards et plus d’une centaine de queens découvertes avec une vision neuve. Loin d'être une simple émission de chiffons et fond de teint, RuPaul Drag Race s'érige comme un étendard pour la communauté LGBT. Rares sont les programmes où des sujets comme le coming-out, la transidentité, l'homophobie, les thérapies de conversion sont abordés sans tabou. Trinity K. Bonet avait, par exemple, suspendu le temps en annonçant sa séropositivité lors de la saison 6. Mais le show compte ses détracteurs, même au sein de la communauté. Certaines drag queens regrettent le manque de spontanéité et de créativité : "C'est une téléréalité avant tout donc tout est plus ou moins planifié. Je trouve juste que cette émission donne une image assez unilatérale du drag alors qu'il y a d'autres styles", nuance Calypso Overkill, jeune talent de la scène drag parisienne, et néanmoins grande accro à l’émission. Le show essuie même quelques polémiques. Pearl, candidate marquante de la saison 7, avait dévoilé le côté calculateur de RuPaul. Lors du tournage, Pearl voulait remercier "Mamma Ru" pour tout ce qu'elle représente, mais la star lui a répondu : "Rien de ce que tu dis n'a d'importance tant que la caméra ne tourne pas."

Les spin-offs
L’engouement autour de RuPaul’s Drag Race est tel que les dérivés n’ont pas tardé à pleuvoir. De 2010 à 2013, le producteur perruqué lance Drag U, une compétition de relooking orchestrée par les stars des premières saisons de Drag Race. Mais le spin-off favori des aficionados reste All Stars où les anciennes reines -archi célèbres à présent- reviennent s’affronter. Car oui, les candidates du show deviennent de véritables vedettes. On vient s'arracher leurs conseils lors de conventions DragCon (littéralement le Comic Con pour drag queens), et les applaudir comme des hystériques lors de "Werq The World", la tournée internationale des vedettes du show (qui passera par Paris en mai 2019).

Certaines se sont même décidées à piquer la place de RuPaul en obtenant leurs propres shows comme Trixie Mattel et Katya avec leur The Trixie and Katya Show sur Viceland et UNHhhh sur Youtube. Oui, oui. C'est le vrai nom de l'émission. Les deux artistes, adorées du public, y parlent de tout avec légèreté et irrévérence. Tremble, Oprah Winfrey !

Alyssa Edwards de la saison 5 s'est aussi lancée dans une série-documentaire Dancinq Queen, et Courtney Act, présentatrice de The Bi Life sur E !, est la star de la nouvelle saison de Danse Avec Les Stars en Australie.

Quant à Bianca Del Rio, gagnante de la saison 6, elle a sorti deux films baptisés sobrement Hurricane Bianca sur Netflix. Sans parler d'un dessin-animé intitulé Super Drags sur la plateforme de streaming, les drag queens sont indéniablement rentrées dans le coeur du public. Mais avec cette surenchère, ne risque-t-on pas l'overdose ?

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