Dominique Besnehard défend (mal) Depardieu Dominique Besnehard défend (mal) Depardieu

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Dominique Besnehard défend (mal) Depardieu par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 31 Août 2018

Les jeunes actrices françaises vont apprécier ! En réaction à une affaire concernant Gérard Depardieu, accusé de viol, l’ex-agent artistique s’en est pris rageusement, sur sa page Facebook, aux "arrivistes qui profèrent des accusations pour se faire connaître ". Sans doute aurait-il dû tapoter huit fois sa souris d’ordinateur avant d’appuyer sur la touche "envoyer"...

Il n’a pas cité de nom. Et l’accusation est vague, tellement vague qu’elle atteint pour le coup toutes celles qui ont mis un jour un pied dans un cours d’art dramatique ou sur un plateau de cinéma. "A quel moment ces apprenties comédiennes arrivistes vont-elles cesser de proférer des accusations pour se faire connaître ?", s’est emporté le producteur Dominique Besnehard, suite à la plainte déposée par une jeune comédienne contre la star Gérard Depardieu.

Connu pour ses liens avec tout ce que le cinéma compte de célébrités (de Sophie Marceau à Nathalie Baye), l’ex-agent de stars, parrain de Laura Smet, s’est toujours comporté envers ses amis-clients tel un avocat, prenant systématiquement leur défense chaque fois que l’un d’entre eux commettait un impair (on se souvient de lui protégeant farouchement Béatrice Dalle lorsqu’elle fut accusée de vol de bijoux en 1992).
Sur son post Facebook, Besnehard qualifie l’acteur Gérard Depardieu de "personnage rabelaisien, baroque mais attentionné". Ce qui équivaut à dire qu’il peut être vulgaire, imprévisible, mais sûrement pas violeur. On ne peut s’empêcher de penser à ces parents de serial killers qui, jusqu’à ce qu’on leur prouve que leur progéniture est coupable, secouent la tête en disant "Non, mon enfant ne pourrait jamais faire une chose pareille. Et je suis sûr de ce que je dis puisque c’est moi qui l’ai fait." Hélas, s’il a "fait" beaucoup de carrières dans le cinéma français, l'initiateur de la série Dix pour Cent ne peut pas pour autant se porter garant des bonnes mœurs de ses célèbres amis.

Dans sa plainte déposée à la gendarmerie de Lambesc dans Les Bouches-du-Rhône (et relayée par le quotidien Le Parisien) la plaignante indique avoir été violée à deux reprises en marge d’une répétition informelle au domicile parisien de la star. Accusation fausse ou vraie, c’est à la justice d’en décider. Et non pas à Dominique Besnehard. D’ailleurs était-il présent lors de cette rencontre ? Sait-il réellement ce qui s’est passé pour statuer aussi rapidement ? On peut aussi s’étonner, en lisant le post du producteur, de l’utilisation du mot "apprentie" et ce qu’elle implique : une personne qui "apprend", en attendant de "savoir", serait donc susceptible de se conduire de façon irraisonnée pour arriver à ses fins.
Par sa réaction impulsive, le producteur ne fait que renforcer une impression diffuse, ressentie depuis l’affaire Jean-Jacques Brisseau (cinéaste condamné en 2005 pour harcèlement sexuel, et ardemment défendu à l’époque par ses pairs) : que le cinéma français, aujourd’hui encore, est une nébuleuse où règne l’entre-soi et où les intérêts liés au business prévalent sur la déconstruction du vieux modèle patriarcal.

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