Bella Thorne, Pamela Anderson : comment les stars échappent au harcèlement grâce à leurs réseaux sociaux Bella Thorne, Pamela Anderson : comment les stars échappent au harcèlement grâce à leurs réseaux sociaux

Décryptage

Bella Thorne, Pamela Anderson : comment les stars échappent au harcèlement grâce à leurs réseaux sociaux par Anne Lods

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Publié le Mercredi 26 Juin 2019

La semaine dernière, Bella Thorne a été victime d’un hacker qui menaçait de publier ses nudes. Elle l’a devancée en les mettant en ligne elle-même. Une semaine après, Pamela Anderson a affiché la tromperie de son ex-petit-ami Adil Rami sur son compte Instagram. Comment les deux femmes ont-elles réussi à tuer le cyber-harcèlement dans l’oeuf grâce à leurs réseaux ? Analyse.

C’est un post Instagram qui a remué les Internet et les médias même généralistes hier, mardi 25 juin au matin. Pamela Anderson y avoue la tromperie de son ex-petit-ami, Adil Rami, sur plusieurs dizaines de lignes. Stupeur : le footballeur vit une double vie et s’est joué de l’actrice pendant deux ans. Le 15 juin dernier, les réseaux avaient également été retournés alors que l’actrice Bella Thorne publiait ses propres nudes. Son but ? Devancer un hacker qui voulait la faire chanter.
Vous pensez que ces deux histoires n'ont rien en commun ? Elles sont pourtant bien plus similaires que ce que l’on pourrait croire. En effet, à travers leurs réseaux sociaux, les deux actrices reprennent le contrôle de leur vie et tentent de gagner une guerre de la communication pour lutter contre le cyber-harcèlement ou le slut-shaming dont elles sont ou pourraient être victimes. On a voulu comprendre davantage avec Ketsia Mutombo, présidente et co-fondatrice de l’association Féministes contre le Cyber-Harcèlement.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

It’s hard to accept ???? The last (more than) 2.years of my life have been a big lie. I was scammed, led to believe ... we were in « big love »?. I’m devastated to find out in the last few days. That he was living a double life. He used to joke about other players who had girlfriends down the street in apartments close to their wives. He called those men monsters. ? But this is worse. He lied to all. How is it possible to control 2 women’s hearts and minds like this - I’m sure there were others. He is the monster. How could I have helped so many people @ndvhofficial and not be wise enough or able to help myself.

Une publication partagée par The Pamela Anderson Foundation (@pamelaanderson) le

Les réseaux comme outil de représentation 

"Il y a quelques années, Bella Thorne aurait donné ses clichés à un magazine people pour que ça passe mieux, nous explique Ketsia Mutombo. Elle ne les aurait pas vendus mais elle aurait donné une interview. Elle aurait ainsi créé une distance et flouté ces intentions. Aujourd’hui, avec son Tweet, elle a pu parler de sa peine sans en plus passer pour une personne vénale et opportuniste." En plus de ne pas se donner un mauvais rôle, publier sur le réseau a surtout permis à la jeune femme de trouver un soutien public de ses amies et collègues dans un temps très court. Et dans le cas où la remarque est négative, comme l’actrice Whoopi Goldberg qui s’est risquée à un commentaire désobligeant sur l’actrice, cela peut rapidement être contredit. "Le temps long médiatique de la télé et de la presse écrite peut rendre difficile la représentation des choses complexes comme les violences faites aux femmes, ajoute Ketsia Mutombo. Les réseaux sociaux correspondent vraiment mieux à la diffusion des témoignages de ce genre, notamment en ce qui concerne le cyber-harcèlement."
 



Une situation qui fait donc écho à celle de Pamela Anderson et de son message de rupture qui n’a rien d’innocent ou même de naïf. "Elle n’a pas fait de sa séparation un fait divers, mais plutôt un témoignage qui représente le grand ensemble des violences que les femmes subissent dans leur couple", continue la présidente de l’association. Une mécanique bien huilée pour l’actrice américaine qui sait très bien ce qu’elle est en train de faire, et ne cherche pas la pitié de la part de ses followers. "Dans sa bio Instagram, on y trouve une hotline destinée aux femmes victimes de violence, développe Ketsia Mutombo. L’actrice américaine maîtrise ses outils numériques de façon à revenir totalement au contrôle de son récit et la façon dont elle se présente au monde.

Un savant calcul pour les deux actrices qui vivent un moment difficile mais qui l’utilisent à leur avantage, détruisant ainsi aussi petit à petit les injonctions liées à leur physique ou leur réputation de sex-symbol/bimbo/fantasme sexuel et reprennent le contrôle de leur vie. Car si les actrices s’adressent forcément à leur fan base vers qui elles savent qu’elles trouveront un soutien, il y aura toujours quelqu’un pour dire que ça ne concerne personne ou pire, qu’elles l’ont bien mérité. "Etre une femme qui se met en scène de façon érotique et qui capitalise dessus pousse davantage les gens à penser que les violences sont légitimes", analyse Ketsia Mutombo. Et déconstruire les clichés à travers des posts savamment maîtrisés et fins remet les idées en place.

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