Coronavirus : les grands groupes de la "fast fashion" ne sont plus en mesure de payer leurs fournisseurs Coronavirus : les grands groupes de la "fast fashion" ne sont plus en mesure de payer leurs fournisseurs

Les gens de la mode

Coronavirus : ces grands groupes de la "fast fashion" qui ne payent plus leurs fournisseurs par Anthony De Pasquale

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Publié le Vendredi 17 Avril 2020

Face à la propagation fulgurante de la pandémie, plusieurs groupes de la fast fashion ont stoppé leur activité et ne seront pas en mesure de payer leurs fournisseurs pour les commandes en cours. Ce qui pourrait entraîner l’effondrement des usines textiles au Bangladesh, en Chine et au Vietnam.

Les magasins de vêtements, comme les autres commerces non-essentiels, ont fermé leurs portes à travers le monde suite à la propagation du coronavirus. En deux semaines seulement, du 17 au 31 janvier 2020, suite au confinement de la Chine et d'une partie de l'Asie, le MSCI Europe Textiles, Apparel & Luxury Goods Index a chuté de 23% et perdu près de 54 milliards de dollars (48, 3 milliards d'euros) de valeur de marché. Des chiffres qui ont continué de s'effondrer suite à la mise en quarantaine de l'industrie italienne de la mode et du textile, qui représente à elle seule 107,9 milliards de dollars (96,7 milliards d'euros), selon le Wall Street Journal (WSJ). Un bilan qui pèse déjà très lourd pour certains groupes de fast fashion  qui ne sont plus en mesure d'assurer le paiement de leurs commandes passées en Asie comme l'a souligné le Centre international du droit du travail.

C'est le cas notamment de Primark qui ne règlera pas sa facture de 273 millions de dollars, C&A (166 millions de dollars) et Inditex (109 millions de dollars).  Un scénario qui engendre la fermeture de nombreuses usines de textile au Bangladesh, en Chine et au Vietnam, faisant perdre leur emploi à des milliers de personnes. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

#Repost @iznowgood_ Le COVID-19, et les comportements d'urgence qu'il induit, révèle les failles sur lesquelles notre société est bâtie. Voilà quelques jours que je veux vous parler de ceux que l'on n'entend pas mais qui sont en train de prendre en pleine figure les conséquences du colonialisme moderne administré par les grands groupes de fast fashion. . . Sur la photo des données compilées par @fash_rev illustrant le volume de commandes terminées ou en cours que les grands groupes ne paieront pas à leurs fournisseurs au Bangladesh. Les magasins occidentaux sont fermés à cause de la crise et la production effrénée est donc stoppée nette pour répondre au chiffre d'affaires qui va drastiquement chuter. Au Bangladesh, cela se traduit par des licenciements sans sommation ni indemnités et des salaires dûs qui ne seront pas versés. . . Si H&M ne fait pas partie de la bande, c'est que le groupe aura au moins eu la décence de payer pour les commandes terminées ou en cours (comme l'ont finalement fait, sous pression, Kiabi, Target et Inditex(Zara)). Ça paraît être le minimum pour soutenir les créateurs de valeur de sa chaine de production... les autres sont partis comme des voleurs, certains qu'on ne leur dirait rien et sûrs de pouvoir repasser commande une fois tout cela terminé. Ceux qui ont été volés courberont l'échine et resteront muets, parce qu'il faut bien manger. . . Mais alors, vous vous dites, je ne comprends pas ! Le Bangladesh ne peut donc pas s'en sortir sans ces grands groupes ? Finalement, la fast fashion permet au moins de donner du travail à tous ces gens ? Je vous arrête. Ce à quoi nous assistons là est la preuve même que ce système est insupportable. On ne peut pas soutenir un système qui repose sur la dépendance d'une population pauvre et démunie à une population riche et puissante. Le business model de la mode est à revoir dans son intégralité, il faut relocaliser en douceur, et de façon solidaire et aimante. Oui, aimante. Merde à la fin. Pourquoi ne pourrait-on pas construire une économie qui repose sur les droits humains fondamentaux et le respect du vivant ? Nous en sommes capables, nous pouvons orienter nos choix ! #whomademyclothes

Une publication partagée par Fashion Revolution France (@fash_rev_france) le


Gap, qui était déjà dans une position plus précaire que certains de ses concurrents avant la crise, a suspendu toute la production des articles de la saison prochaine et a demandé aux fournisseurs de ne pas expédier les produits déjà terminés à moins qu'ils ne soient destinés à la plateforme en ligne de l'entreprise, laissant ses fournisseurs dans les limbes. Ses fabricants de tissus ont reçu l'ordre de cesser la production et de conserver tous les tissus dans leurs installations. Alors que le groupe ne souhaite pas perturber sa chaîne d’approvisionnement, le détaillant a déclaré à ses fournisseurs que la pandémie de coronavirus a ruiné son entreprise et que les ventes en ligne "ne peuvent tout simplement pas compenser la fermeture des magasins", rapporte le site de référence de la mode, Business Of Fashion

D'autres sociétés, dont le groupe H&M et le propriétaire de Zara, Inditex, auront au moins la décence de payer pour les commandes en cours ou terminées. Et c'est la moindre des choses. D'après le professeur Sheng Lu, un déclin des exports de 10% pourrait, dans un pays comme le Bangladesh, se traduire par une baisse de l'emploi de 4 à 9%, révèle le média korii. L' association bangladaise des confectionneurs et exportateurs de vêtements (Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association) a confié au Wall Street Journal que 4,1 millions de travailleurs pourraient perdre leur emploi si les détaillants ne respectaient pas leurs engagements. "C’est un chaos social que nous ne pouvons nous permettre", a déclaré la présidente de l'Association, Rubana Huq.
Afin de ne pas laisser tomber ses fournisseurs, sous peine de condamner des millions de personnes à travers le monde, et éviter des stocks d'invendus, l'épidémie de coronavirus pourrait être pour certains un déclic pour repenser son système d'approvisionnement - comme se tourner vers un "sourcing" de proximité - et montrer plus d'éthique pour ne pas se retrouver sous le feu des projecteurs. 

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