Pourquoi notre génération est-elle obsédée par les plantes ? Pourquoi notre génération est-elle obsédée par les plantes ?

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Pourquoi notre génération est-elle obsédée par les plantes ? par Jennifer Padjemi

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Publié le Lundi 24 Septembre 2018

Un récent article du site américain "Refinery29" s’amusait du fait que les filles qui adorent les plantes sont souvent les mêmes que celles qui adorent les chats. Et seraient capables de les collectionner sans limite. On a voulu savoir pourquoi les plantes prennent tant de place dans nos vies et dans nos intérieurs, et surtout qui sont ces “filles à plantes“.

On les voit partout. Elles sont incontournables dans n’importe quel appartement de trentenaire, parisien ou pas d’ailleurs. Certains sont capables de faire la queue des heures pour trouver la perle rare à moindre coût. Ces nouveaux “objets“ du désir, ce sont bien entendu les plantes. Sur Instagram, elles sont devenues des stars à part entière, à coups de hashtags “plantlover” ou “urbanjungle” et on les expose telles des œuvres d’art, avec toute la fierté que ça implique. “Urban Jungle Bloggers“ est aussi le nom de la plus grande communauté d’amoureux des plantes, un réseau créé par deux blogueurs, Igor et Judith, qui ont décidé de réunir leur passion pour la déco et le végétal. Le tout, avec un résultat esthétique à souhait, qui a d’ailleurs donné naissance à un livre du même nom, avec des appartements qui font rêver et dont la photogénie n’est plus à démontrer.

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Les plantes peuvent même constituer une forme de compagnie, comme pourrait le faire un chien ou un chat.

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Les plantes, meilleure compagnie
De fait, ces petites créatures apporteraient du cachet au plus basique des appartements. Ondine, productrice de 34 ans, a commencé à s’en procurer faute d’argent pour acheter des meubles, pour rendre son chez-elle plus chaleureux. Mais ce n’est pas toujours et uniquement pour des raisons esthétiques qu’on les adopte. Pour Mathilde, rédactrice technique de 28 ans qui habite aux Pays-Bas, les plantes sont aussi une “source de sérénité et de joie“ : “Oui, je trouve mon appartement plus joli avec des plantes, mais surtout, il n’y a rien de mieux que de voir naître une nouvelle feuille ou des fleurs pousser dessus“. Les plantes peuvent même constituer une forme de compagnie, comme pourrait le faire un chien ou un chat. Et c’est sans doute de là que vient l’expression “Cat Lady Is the New Plant Lady“. Un concept qui ne fait pas forcément l’unanimité, notamment chez Ondine qui estime que c’est “con et sexiste, parce qu’on ne dirait jamais ça pour un mec“, et surtout parce qu’elle ne pleurerait pas si l’une de ses plantes mourait, contrairement à ce qui se passerait si c’était le cas de son chat. Pour d’autres, comme Elsa, journaliste de 35 ans, au contraire, l’expression fait mouche : “c’est une forme de compagnie, je leur parle, je les soigne, elles comptent beaucoup pour moi et ça fait sans doute bien de moi une ‘plant lady’ !“ Pareil pour Mathilde, que l’expression fait sourire : “je suis assez contente que les gens aiment les plantes et aiment en prendre soin. Si des meufs ont envie de vivre entourées de plantes et que ça les rend heureuses, je soutiens à fond.

En réalité, la comparaison entre chats et plantes vaut surtout pour le côté assumé de la chose. On se rappelle par exemple de Nadia Daam qui ironisait à ce sujet dans son livre Comment ne pas devenir une fille à chats. Avoir beaucoup de plantes quitte à ne plus avoir de place chez soi, les chérir et en être fière, c’est surtout ça d’être une “plant lady“. Et c’est plus une affaire de goûts, que de genre... Même si c’est vrai qu’on entend peut-être plus souvent des femmes revendiquer leur passion pour ces beautés vertes.

Chérir et aimer ses plantes
En dehors de cet aspect, c’est l’intérêt que la plupart des plant people portent au règne végétal qui fait la différence : nourrir leurs plantes, les soigner et même leur parler, comme ils le feraient avec un animal. C’est aussi se renseigner sur leurs besoins, prendre le temps de s’en occuper tout simplement. Elsa pense que la génération Y, comme on l’appelle, est obsédée par ça “parce que c’est instagrammable“, mais rappelle que “c’est idiot, vu qu’on finit par acheter des plantes très jolies, mais difficiles à entretenir, et qu’au final on les laisse mourir faute de savoir s’en occuper“. Lucille, journaliste de 30 ans, avoue qu’elle oublie souvent de les arroser : “Et même quand j’arrose comme il faut, il y a toujours un bug avec la température, le soleil etc. Et pourtant, dans la bouche du fleuriste, ça a l’air simple… Je tiens bon, je pense que c’est un apprentissage que j’ai à faire.

Si tout le monde n’est pas naturellement doué avec les plantes, la plupart des personnes interrogées ont en commun un besoin d’apaisement, de calme, et de nature. Sans doute parce que le stress est omniprésent, notamment dans des grandes villes où les grands appartements et les espaces verts ne sont pas la norme. Instagram et ce besoin de montrer son intérieur parfait a sans doute aussi changé la donne, mais Mathilde se demande “si ce n’est pas quelque chose qui a toujours existé, mais que les gens ne partageaient pas faute de réseaux sociaux.“ Axelle, fondatrice de Leaf Paris, estime pour sa part qu’on a plutôt à faire à l’émergence d’un “nouveau mode de vie“ qu’à une tendance éphémère. “Même si c’est l’aspect décoratif qui motive les premiers achats, on dépasse vite la simple consommation ‘déco’. Une fois qu’on a pris goût aux plaisirs simples du jardinage : la satisfaction de voir pousser ses plantes ou de sentir qu’on commence à comprendre, la joie d’avoir les mains dans la terre… C’est tout sauf superficiel“, avance-t-elle. Et quand on lui demande quelle est sa clientèle type, on est très loin du cliché supposé de la “plant lady“. Des mamies, des personnes branchées et d’autres plus lambda… Conclusion : la passion pour les plantes, c’est pour tout le monde, et ça n’est pas prés de s’arrêter.

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