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Cannes 2015 : "The Sea of Trees", Gus Van Sant porté disparu

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Publié le Dimanche 17 Mai 2015

De retour en compétition douze ans après le sacre d’Elephant, le réalisateur américain embarque Matthew McConaughey dans un trip suicidaire au Japon. "Hara-kiri".

On ne dit pas qu’il faudrait, à 62 ans, faire le même cinéma qu’à 35. On a même trouvé ça passionnant de voir Gus Van Sant évoluer de la rugosité brute de décoffrage de My Own Private Idaho au débuts des années 90 au formalisme ultra-léché d’Elephant dix ans plus tard, passer de la commande hollywoodienne (le merveilleux Will Hunting) au radicalisme intello (le passionnant Gerry). Avant de s’installer ces derniers temps, au bout de ce chemin tortueux de la marge au centre, avec des films comme Milk ou Promised Land, dans le confort d’un cinéma mainstream où résidaient encore un regard singulier et l’envie, au moins, de raconter quelque chose.


Vendredi, la présentation à la presse de The Sea of Trees, son quatorzième film (et troisième présenté à Cannes après Elephant et The Last Days), s’est terminé sous les huées. Si l’on ne s’est pas joint aux lazzis – on n’est pas adepte de ce sport très cannois – on était triste, oui, de voir que la flamme assagie mais encore vivante s’était éteinte pour de bon. Alors que Gus Van Sant filme son héros, Arthur, un Américain se rendant au Japon avec l’intention de se donner la mort dans une "forêt des suicidés" au pied du Mont Fuji, où il devient ami avec un Japonais aussi déprimé que lui, c’est à l’enterrement de son cinéma qu’on a le sentiment d’assister.
Lourdeur d’un scénario cousu de fil blanc ("le meilleur que j’ai lu depuis cinq ans", dixit Matthew McConaughey, qui devrait changer d’ophtalmo), où s’articulent l’errance nippone du personnage et des flash-backs d’une platitude navrante sur sa vie d’avant, choix douteux de mise en scène, score musical sirupeux… Le dernier Gus Van Sant, c’est donc ça, ce téléfilm à la mièvrerie révoltante (ou hilarante, c’est selon). Ce nanar où le surjeu de Matthew McConaughey, jouissif quand il a, du Loup de Wall Street à True Detective, un sens à investir, devient insupportable à force de tourner à vide. Circulez, y’a rien à voir.

Caroline Veunac

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