Cannes 2015 : Sicario montre ses muscles sur la Croisette Cannes 2015 : Sicario montre ses muscles sur la Croisette

"Sicario" montre ses muscles sur la Croisette

Cannes 2015 : "Sicario" montre ses muscles sur la Croisette

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Publié le Mercredi 20 Mai 2015

Neuvième film pour la Canadien Denis Villeneuve, qui débarque dans la compétition officielle avec une démonstration de force ultra-efficace.

En 2010, Incendies, incroyable film-épopée situé dans un Moyen-Orient chaotique, révélait au monde le Québécois Denis Vinneneuve. Depuis, il y a eu Prisonners, drame extrêmement sombre sur un enlèvement d’enfants, et Enemy, tentative de thriller à la Cronenberg plus alambiquée et moins convaincante. En compétition à Cannes cette année, Villeneuve revient avec du lourd : Sicario, présenté le 19 mai, est une bombe de cinéma, un feel good movie qui vous prend au collet dans une scène inaugurale inoubliable pour ne plus vous lâcher durant deux heures de descente dans les abysses immoraux du trafic de drogue.

Emily Blunt, actrice mésestimée en France mais formidablement protéiforme et changeante, y campe une femme couillue, membre d’une unité d’élite du FBI chargée de retrouver les victimes de kidnapping. Blunt intéresse peu la presse française, mais elle est de ces comédiennes dont le visage évoque une ribambelle de films au spectre extrêmement large : des comédies romantiques (5 ans de réflexion avec Jason Segel), des blockbusters (Edge of Tomorrow, Wolfman), de films indépendants (Ma meilleure amie, sa sœur et moi)… Son anonymat relatif lui permet de se glisser dans la peau d’héroïnes diverses en demeurant toujours formidablement crédible. Dans Sicario, elle est donc Kate Macy, une fille perdue cheveux gras qui ne pense qu’à son travail. Transférée à une unité secrète affiliée à la CIA et chargée de déstabiliser le circuit du trafic de drogues entre le Mexique et les États-Unis, elle croise le fer avec Benicio del Torro, très à l’aise dans son rôle de collaborateur plus que louche, et Josh Brolin, admirable en baroudeur sans foi ni loi.
Sicario est un film violent et fondamentalement désabusé. Avec en toile de fond une industrie clandestine tentaculaire qui pourrit tout ce qui l’approche (et en premier lieu l’ensemble des petites villes qui bordent la frontière américano-mexicaine, où se déroule le film, gangrénées par la violence des cartels), Villeneuve tisse une intrigue profondément amorale, où la légalité n’a pas lieu d’être, et où les valeurs de bien et mal sont de lointains souvenirs. Toujours formidablement éclairé, remarquablement filmé (l’image, très mobile, ne tombe jamais dans le cliché tressautant du film d’action filmé caméra à l’épaule), Sicario est une pure réussite de cinéma d’action. C’est peut-être déjà pas mal.

Sicario de Denis Villeneuve, avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin. Sortie le 7 octobre.

Clémentine Goldszal

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