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Dans les salles obscures...

Cannes 2015 : Ariane Labed, rencontre avec une forte tête du cinéma

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Publié le Samedi 16 Mai 2015

A Cannes pour défendre The Lobster, le troisième film de Yorgos Lanthimos (Monsieur Labed à la ville), rencontre avec une actrice en pleine ascension.

Frêle silhouette, cheveux plaqués, beau visage grave, port de tête princier. Dans un costume d’homme Saint Laurent (elle a monté les marches hier soir en Mario Schwab), et au cœur d’une journée de promotion cannoise plus qu’intense, Ariane Labed est calme, posée, réfléchie. Elle est à Cannes cette année pour défendre The Lobster, le troisième film de Yorgos Lanthimos, et qu’elle retrouve après le très étrange Alps.

Lanthimos est un cinéaste grec qui mêle au tragique qui coule dans ses veines un surréalisme à la Buñuel, plongeant le spectateur dans un univers aux codes loufoques et inquiétants. Dans The Lobster, les célibataires sont traqués et transformés en animaux, l’accouplement est recommandé dans le cadre très strict de la perspective d’une union maritale. Être à deux ou ne pas être : le film, à travers son prisme de bizarrerie outrée, informe notre époque, nos visions du couple et de l’amour, fait rire et interpelle. Dans ce cinéma très "indépendant", Ariane Labed est à son aise. Nommée aux César cette année pour le formidable Fidelio, elle est une actrice en pleine ascension, qui porte sur le cinéma et ses rôles un regard sain et tranquille. Rencontre.



Vous étiez une femme très libre et forte dans Fidélio, ici une gouvernante illisible dans The Lobster… Que disent ces rôles de vous ?
Je suis attirée par des films et des rôles qui racontent quelque chose de moi. Je ne comprends pas toujours quoi, mais je n’ai pas envie d’aller fouiller car ce métier n’est pas un outil de psychanalyse. Dans les films de Yorgos, je suis plutôt tragique, désespérée, en demande. Mais généralement, les rôles qui m’intéressent sont plus des héroïnes, des femmes fortes.

Vous avez souvent dit qu’être actrice de cinéma n’était pas votre objectif quand vous avez commencé le théâtre, petite…
C’est vrai qu’avant de commencer, ça n’était pas mon fantasme ou mon rêve de petite fille. Je fais du théâtre et de la danse depuis longtemps et j’avais des doutes sur le plaisir qu’un acteur pouvait trouver devant une caméra où tout me semblait très fabriqué. Mais je suis tombée amoureuse du cinéma comme forme, comme média, comme outil. J’ai compris que c’était un territoire, un champ d’expression très juste pour moi et qui me grise. Aujourd’hui, je le fais par pur appétit.

Vous avez gagné le prix d’interprétation féminine au Festival de Venise pour votre premier film, en 2010. Le cinéma semble vous aimer aussi !
Je ne m’y attendais pas du tout quand c’est arrivé. À Venise, je ne savais même pas qu’il y avait un prix pour les acteurs ! J’étais perturbée, je trouvais ça louche comme idée, ça n’est pas du sport, ni la raison pour laquelle on fait des films. Et puis les films dans lesquels je joue restent des films obscurs, du cinéma d’auteur. Je ne suis pas du tout publique, je suis loin d’être une star et ça n’est pas mon but, ça me va très bien.

Vous avez appris le grec pour Alps, l’italien pour votre prochain film… Vous parlez français, anglais, allemand… Chaque langue change-t-elle votre rapport aux rôles ?
J’adore jouer dans une langue étrangère, c’est comme le travail physique, ça donne quelque chose de très concret sur quoi travailler. Je viens de la danse et c’est ça : ces obstacles, ces choses à atteindre, faire quelque chose qu’on ne peut pas faire d’habitude, c’est du pain béni pour une actrice.

C’est votre deuxième film avec Yorgos Lanthimos… Cela doit être grisant de construire une relation suivie avec un réalisateur…
En fait j’adore suivre les étapes de la fabrication d’un film. Là j’ai suivi le scénario, nous avons cherché les décors ensemble, choisi les petits rôles ensemble… Je sens que j’ai une place privilégiée et j’adore.

Et écrire et réaliser, vous y pensez ?
J’aimerais bien.

Clementine Goldszal

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