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Bérénice Bejo : "Avant même d'avoir lu le scénario, j'étais convaincue"

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Publié le Lundi 20 Mai 2013

Bérénice Béjo nous a accordé quelques minutes pour nous raconter les grandes étapes de ce bouleversant Passé d'Asghar Farhadi.

Panique à bord : entre deux interviews cannoises, Bérénice Béjo fait une petite allergie au maquillage. Il faut dire que la belle brune n’en porte quasiment pas dans le film d’Asghar Farhadi, Le Passé, présenté en compétition officielle. Visage nu pour laisser vivre l’émotion, elle y incarne Marie, tiraillée entre un divorce qui s’éternise et un nouvel amour qui peine à démarrer. Un drame intimiste puissant, où l’actrice sacrée par The Artist partage l’affiche avec Tahar Rahim et le formidable acteur iranien Ali Mosaffa. A l’issue de la projection, le trio a eu droit à six minutes d’applaudissements.

Le casting
"Après The Artist, je n’ai pas eu plus de propositions que d’habitude. Pour le rôle de Marie, c’est Asghar qui est venu vers moi. J’ai passé une heure avec lui. J’ai fait des essais maquillage, il m’a prise en photo… Puis il m’a remerciée et je suis partie cinq semaines en vacances. A mon retour, il m’a appelée. Il avait vu de nombreuses comédiennes et c’est moi qu’il avait choisie. J’ai préféré ne pas lui demander pourquoi. Quand un réalisateur voit son personnage en vous, lui poser la question risquerait de le faire douter. Parce qu'il n’a peut-être pas de réponse, et que peut-être il n’en faut pas.

Le scénario
Avant même de le lire, j’étais convaincue. Quand vous avez la chance qu’un réalisateur aussi incroyable vous choisisse, peu importe que vous aimiez le scénario, vous savez qu’il en fera quelque chose de bien. J’avais vu tous les autres films d’Asghar. Une Séparation, ce n’est pas un coup de bol. Il y a une continuité dans son cinéma, des acteurs justes, des scènes intenses, un récit qui monte progressivement en puissance pour arriver à une fin très forte… Mon choix a été fait en trois secondes. ###twitter###
Le personnage
Je suis très loin de Marie. Quand on tournait, je disais à Asghar : "Ce n’est tellement pas moi, je n’aurais jamais réagi comme ça...". Je suis heureuse de voir que j’ai réussi à véhiculer des choses que je ne partage pas forcément. En revanche, je n’avais pas conscience que Marie pouvait paraître antipathique, jusqu’à ce qu’on me le fasse remarquer en interview. C’est vrai qu’elle est égoïste et qu’elle s’énerve sans réfléchir aux conséquences. Elle oublie parfois ses enfants, fait venir son ex-mari à un moment délicat sans se soucier de savoir si c’est difficile pour lui… Mais je trouve intéressant justement qu’elle ne soit pas toujours sympathique. 

Les répétitions
Mon personnage et celui d’Ali sont censés avoir vécu cinq ou six ans ensemble. Ils se sont aimés, touchés, disputés… Mais nous, nous ne nous connaissions pas du tout ! Asghar nous a fait répéter pendant deux mois avant le tournage. Il nous a fait jouer les scènes des dizaines de fois, faire des pompes, de la course, danser sur de la musique disco ! Ca nous a permis de faire connaissance, de rigoler ensemble et de se voir dans des situations absurdes… Du coup, la pudeur est tombée et la confiance s’est installée.

Le tournage
Grâce aux répétitions, je suis arrivée sur le plateau sereine. J’assumais complètement mon personnage et je ne le rapportais pas chez moi le soir. Le fait d’être dirigée par un réalisateur iranien, avec un interprète, a créé quelque chose de fort. Comme il ne nous comprenait pas, Asghar était attentif au moindre de nos gestes. J’y ai vu une continuité par rapport à mon travail sur The Artist, où chaque expression était essentielle. Comme on avait beaucoup exploré le passé avec Ali en répétitions, pendant le tournage, j’ai eu plus de difficultés à travailler sur le présent et sur le futur de Marie, symbolisés par le personnage de Tahar Rahim. Tahar est un acteur intense, très brut, qui s’énerve quand il n’y arrive pas, qui cherche en permanence. Ali est beaucoup plus calme et réservé. Finalement, c’était les deux acteurs parfaits pour représenter le contraste entre une histoire passée et le bouillonnement d’un amour naissant.

Le futur
Ma carrière me ressemble. Je suis là mais sans prendre trop de place, même si The Artist, et maintenant Le Passé, ont un peu changé les choses. Depuis toutes petite, je m’imagine être actrice. Et il y a des rôles que j’ai envie d'interpréter quand je serai vieille. J’ai un but et je m’autorise à mûrir, à continuer mon petit chemin, lentement mais sûrement. La prochaine étape, ce sera le prochain film de Michel, où je joue une représentante de l’ONU au moment où la Russie envahit la Tchétchénie en 2000. Rien à voir avec The Artist.
 

Caroline Veunac

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