Interview : Adèle Exarchopoulos, la révélation d'Abdellatif Kechiche Interview : Adèle Exarchopoulos, la révélation d'Abdellatif Kechiche

Dans les salles obscures

Interview : Adèle Exarchopoulos, la révélation d'Abdellatif Kechiche

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Publié le Vendredi 24 Mai 2013

Dans le nouveau film d'Abdellatif Kechiche, "La vie d'Adèle", Adèle Exarchopoulos incarne une adolescente à la découverte de sa sexualité. A Cannes, nous avons rencontré cette jeune actrice montante, qui nous parle de ce rôle délicat.

Ambiance fébrile sur la Terrazza Martini où est attendue l’équipe de La Vie d’Adèle, présenté en compétition officielle. Essaims de journalistes enthousiastes, attachés de presse débordés, réalisateur visiblement content de son effet… Il souffle ici comme un vent de Palme D’or. Découvert la veille, le cinquième film d’Abdellatif Kechiche, adapté de la BD de Julie Maroh Le Bleu est une couleur chaude, a fait l’effet d’une bombe atomique. Fidèle à son intimisme brut, le réalisateur filme la passion d’Adèle (Adèle Exarchopoulos), une lycéenne découvrant son désir, et Emma (Léa Seydoux), une artiste assumant son homosexualité. Poursuivant son étude des marivaudages adolescents et du corps féminin, le réalisateur de L’Esquive et de Vénus Noire triomphe là où le Jeune et Jolie d’Ozon échoue : à nous faire ressentir de l’intérieur l’expérience de son héroïne, dans toute son intensité charnelle et émotionnelle. Le clou de ce film faramineux ? Des scènes de sexe d’une crudité – et d’une beauté  –  viscérale, comme on n’en a peut-être jamais vues au cinéma. Les deux actrices (à qui on donnerait bien un double prix d’interprétation) s’y exposent avec une témérité inouïe. Résultat : tout le monde veut les interviewer. A la foire d’empoigne, on a réussi à poser trois questions à l’extraordinaire Adèle Exarchopoulos, une révélation comme on en voit tous les dix ans.

Ce que vous êtes dans le film c’est, comment dire… vachement balèze ! Vous n’avez pas eu peur ?
Avant le tournage, je voulais tellement avoir le rôle que c’est l’envie qui primait. Pendant, oui. Au début, on a eu quelques fous-rires nerveux avec Léa… C’est pas évident de rencontrer quelqu’un et de se retrouver à poil sur elle deux heures plus tard ! Des scènes aussi poussées, on n’en voit pas souvent dans un film. On a peur de trop en montrer, de comment les gens vont l’interpréter… Aujourd’hui, j’ai peur parce que mon père va voir le film ce soir !

Et vous, comment avez-vous réagi en le voyant pour la première fois ?
Je l’ai découvert seulement hier soir. Je ne pensais pas que ce serait aussi… bestial. Il y a un côté très animal dans la tension électrique entre Adèle et Emma, et dans le désir de mon personnage. Sur le tournage, on s’en rendait compte que ça allait loin, qu’on donnait beaucoup, que ce n’était pas suggéré… Mais le voir un an plus tard, c’est complètement différent. Il n’y a pas de musique, on entend nos respirations, les claquements des mains sur nos fesses... C’est sûr que c’est un peu gênant.

Comment parvient-on à "jouer" des scènes aussi intimes ?
Tout le monde se demande si on a vraiment couché ensemble et n’ose pas poser la question. Ben non, et c’est ça qui est beau. C’est sûr qu’avec Abdel tu vas beaucoup plus loin qu’avec un autre réalisateur. Il faut trouver un juste milieu, où tu laisses ton corps parler, mais où tu gardes aussi une part de jeu. Avec lui, on est obligé de faire confiance, de se laisser porter, de ne pas trop se poser de questions. Tu donnes et tu sais qu’il va te rendre justice.

Caroline Veunac

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