Instagram : les "studygrammers" vont vous faire adorer les fournitures de bureau Instagram : les "studygrammers" vont vous faire adorer les fournitures de bureau

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Instagram : les "studygrammers" vont vous faire adorer les fournitures de bureau par Dan Hastings

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Publié le Jeudi 7 Mars 2019

Ils sont aussi populaires que vos influenceuses mode préférées, or, ce n’est pas leur style qu’ils mettent en avant sur Instagram, mais leurs plus beaux stylos et fiches de révision. Plongée dans l’univers assidu et minimaliste des studygrammers.

Avec Hermione Granger en photo de profil, Jasmine alias Studyquill, une lycéenne californienne de 16 ans, colle parfaitement au personnage de J.K.Rowling : élève modèle, elle voue une passion à l’organisation et à l'apprentissage. Mais, avec ses 245k followers sur Instagram, et presque le double sur YouTube, elle est aussi une influenceuse. Vidéos Q&A, unboxing, swatches de nouveaux produits, elle respecte tous les codes de la gourou beauté en ligne… Alors que son univers n’a rien à voir. Son dada ? Vous parler de ses meilleures techniques pour apprendre un cours, vous présenter son bullet journal, tester ses nouveaux surligneurs pastels comme s’il s’agissait de highlighters Fenty Beauty, ou encore, vous proposer de la regarder étudier.



Sur Instagram, ses photos minimalistes sont étudiées au millimètre près. Et on ne peut qu’être scotché devant ses fiches de révisions qui semblent faites sur ordinateur, mais qui sont en fait réalisées à la main. De véritables œuvres d’art, tout comme celles d’Emmastudies, étudiante en communication qui cumule 450k abonnés. Cette dernière invite même les internautes à adopter ses habitudes et techniques pour améliorer leur productivité, en proposant des pdf gratuits, téléchargeables sur son blog. Emplois du temps, to-do list graphiques et colorées, tout est fait pour que vous deveniez, vous aussi, passionné par l’organisation. Si bien que la communauté de Studygrammers ne cesse de croître, emmenée par des lycéens ou des étudiants en médecine et en communication, vivant en France, en Australie, en Suède…  Mais pourquoi se donner autant de mal ? "J’ai commencé mon compte pour me motiver et être plus organisée. J’ai appris tellement de choses grâce à cette communauté et ma façon de travailler a totalement changée", explique sur son Instagram Abby, étudiante en Relations Internationales en République Dominicaine. Inspirant… ou flippant ?


Une génération control-freak ?

L’obsession des boss de la tendance : le minimalisme, sur un plan esthétique comme organisationnel. Leur vie personnelle est en effet planifiée à la minute près, et la productivité reste leur Graal. De quoi nous rappeler le carton de la méthode KonMari, de Marie Kondo, en librairie et sur Netflix, mais aussi, toutes les nouvelles routines incluant méditation et application de la méthode Miracle Morning pour booster l’efficacité, qui pullulent sur YouTube et Instagram. Plus que la recherche du bien-être, ces nouvelles tendances veulent rendre la performance visible. Ce qui oblige à montrer que votre chez soi est parfaitement rangé, à photographier votre repas healthy et cuisiné maison, à partager avec les autres le compteur de votre vélo elliptique. Tout ça pourquoi ? D’une part, vous sentir fier de votre performance qui semble ne plus rien valoir si elle n’est pas rendue publique, d’autre part, recevoir likes, commentaires et partages pour un boost d’égo supplémentaire. Une gratification instantanée, que l’on recherche tous via les réseaux sociaux…

Mais les studygrammers, eux, disent surtout vouloir partager leur passion et échanger avec des gens qui leur ressemblent. Quant à la performance économique, elle reste restreinte, ceux-ci étant peu nombreux à proposer des contenus sponsorisés. C’est toutefois le cas d’Emily, étudiante en médecine en Angleterre et ambassadrice de Paperchase, chaîne de magasins de papeterie. "Je ne le vois pas comme une carrière sur le long terme, c’est plutôt un job étudiant, explique-t-elle. Et puis, on est bien loin des cachets et collaborations des influenceuses mode ou beauté…" L’autre grosse différence : la plupart des Studygrammers s'interdisent de montrer leur visage en ligne. "Au sein de cette communauté, on partage des valeurs différentes du monde de la mode ou de la beauté, raconte l’étudiante. On suivrait par exemple plus facilement quelqu’un qui a une belle écriture, plutôt que quelqu’un qui est considéré comme beau". Un parti pris fort, dans une ère où le selfie domine. Même si, en publiant leurs fiches de révisions immaculées et leurs pots à crayons élégamment remplis, ils recherchent forcément (un peu) l’approbation des autres...

 

 

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