"L’homme à tête de chou" de Jean-Claude Gallotta : un spectacle de danse cul et classe. "L’homme à tête de chou" de Jean-Claude Gallotta : un spectacle de danse cul et classe.

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"L’homme à tête de chou" : un spectacle de danse cul et classe par Erick Grisel

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Publié le Mardi 24 Septembre 2019

Normalement "cul" et "classe" ne font pas bon ménage. C’est pourtant le cas avec ce spectacle de danse de Jean-Claude Gallotta où quatorze danseurs et danseuses virtuoses recréent l’histoire de Marilou, la sensuelle héroïne d’un album culte de Serge Gainsbourg.

Alain Bashung chantant du Gainsbourg sur scène au milieu des danseurs. C’était l’idée première du chorégraphe Jean-Claude Gallotta en 2008. Hélas, Bashung a disparu en 2009 après avoir enregistré, pour ce projet, les douze chansons de l’album culte de Serge Gainsbourg "L’homme à tête de chou". Ou l’histoire tragique de Marilou, jeune shampouineuse à la sexualité libre et tumultueuse qu’un journaliste ivrogne finit par tuer à coup d’extincteur.

C’est donc la voix de Bashung qui accompagne les douze tableaux constituant la chorégraphie électrique et érotique de Jean-Claude Gallotta dont la passion pour la pop culture avait donné lieu l’année dernière à un "My ladies rock" trépidant. Sur scène pas de décor, juste un siège vide autour duquel virevoltent quatorze danseurs et danseuses parfaitement synchrones et peu encombrés par leurs costumes. En slip, parfois nus, ou seulement vêtus d’une veste de smoking, ils donnent chair à un texte dont on avait oublié la teneur, à la fois poétique et crue : "Tandis qu’elle exhale un soupir au menthol, ma débile mentale perdue en son exil physique et cérébral joue avec le métal de son zip et l’atoll de corail apparaît. Elle s’y coca-colle un doigt qui en arrêt au bord de la corolle est pris près du calice du vertige d’Alice de Lewis Caroll." (Variation pour Marilou). Il faut le faire d’écrire un truc pareil, non ? Il faut aussi le faire de le slammer avec classe et de le danser, parfois avec la culotte en bas des pieds, sans jamais tomber dans la vulgarité. On sort de ce spectacle galvanisé tout en ayant une pensée pour ces faits-divers qui assombrissent tous les deux jours l’actualité. Toujours des histoires de pauvres types pour qui la sexualité des femmes est insupportable.

L’homme à tête de chou, au Théâtre du Rond-Point à Paris jusqu’au 29 septembre. Le 15 octobre à Vesoul. Du 17 au 19 décembre à Grenoble. Le 14 janvier au théâtre de la Liberté à Toulon.

Erick Grisel

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