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"La Dame de chez Maxim", avec Léa Drucker : beaucoup d’efficacité, un peu de facilités par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 11 Octobre 2019

C’est la pièce de George Feydeau que tout le monde veut voir en ce moment. Une cavalcade impressionnante, parfois un peu fatigante, où la star n’est pas celle que l’on croit…

Feydeau et ses quiproquos ont toujours inspiré les metteurs en scène. Surprise ! Après Jacques Charron, Jean-Paul Roussillon et Francis Perrin, c’est au tour de la fine mouche Zabou Breitman de s’y coller. Mais qui est donc cette dame de chez Maxim ? La môme Crevette, danseuse au Moulin Rouge, que le docteur Petypon rencontre au cabaret Chez Maxim et ramène chez lui une nuit de beuverie en l'absence de sa femme. Le lendemain matin, un vieux général, venu rendre visite au docteur, prend la jeune cocotte pour madame Petypon. Et plutôt que d’avouer la vérité, ce nIgaud de Petypon va alimenter le quiproquo jusqu’à emmener la même crevette avec lui à un grand raout à la campagne où l’a invité le général. Sauf que la vraie madame Petypon va se pointer elle aussi à la fête…

Bon, vous voyez le style, rien de bien réaliste dans cette pièce de théâtre en trois actes qui a été le plus grand succès de George Feydeau, auteur dramatique connu pour ses vaudeville (du Fil à la patte jusqu’au Système Ribadier). Qui n’a jamais vu une pièce de Feydeau n’a jamais ri devant une succession de portes qui claquent, d’amants cachés dans le placard et de maris cocus qui hurlent à la trahison ! On peut trouver ça ringard. Mais on pouvait compter sur Zabou pour donner un petit coup de neuf à tout ça. Sauf que le pari n’est qu’à moitié réussi. D’abord parce que la pièce, telle qu’elle est écrite, offre un second acte un peu mou dont la metteuse en scène n’est pas parvenue à se dépatouiller, même en faisant jouer par des hommes, ces femmes de notables de province qui s’entichent de la môme crevette. Concession un peu facile à une époque, la nôtre, qui combat légitimement les attitudes trop genrées. Autre problème : Léa Drucker, qui a pourtant fait preuve de son talent comique dasn ses sketchs avec Zabou lors de la cérémonie des Molière, interprète de façon assez littérale cette môme Crevette. Oui, elle fait bien l’accent gouailleur. Mais ensuite ? En revanche Zabou Breitman a eu une idée géniale : faire jouer Madame Petypon par l’actrice Anne Rotger (qu’on avait repérée chez Joël Pommerat). C’est elle la véritable héroïne de cette histoire. Coiffée d’un invraisemblable chignon, raide comme un coup de trique, elle emporte la pièce avec sa crédulité et sa foi dans l’humanité, faisant fi des moqueries et des couleuvres qu’on essaye de lui faire avaler. Cette Madame Petypon, elle est vraiment trognon. Tout comme son nigaud de mari, tout en veulerie décoiffée, incarné par le toujours impeccable Micha Lescot. Ces deux-là valent bien qu’on supporte les longueurs de cette Dame de chez Maxim.

La Dame de chez Maxim, jusqu’au premier décembre au Théâtre de la porte Saint-Martin à Paris

 

Erick Grisel

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