"Déjà vu" : une pièce de théâtre qui mérite d’être vue. "Déjà vu": une pièce de théâtre qui mérite d’être vue

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"Déjà vu" : une pièce de théâtre qui mérite d’être vue par Erick Grisel

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Publié le Mercredi 2 Octobre 2019

Leurs amours, leurs amis, leurs emmerdes. Mené par un irrésistible quatuor, "Déjà vu" détaille les états d’âmes de deux jeunes couples de gays, à chaque étape de leur histoire, sous le regard aiguisé de leur meilleure copine.

"Vous êtes mes deux petits pédés préférés !" Julie est une amie pleine de bonne volonté. Un tomboy "même pas lesbienne" qui, le jour du mariage de ses deux potos homos, enchaîne gaffes sur gaffes. D’abord émus, Frank et Michael, dont les deux prénoms accolés forment, dixit Julie, le nom du chanteur belge préféré des vieilles dames, déchantent un peu. Tel est le point départ d’une série de scénettes qui s’enchaînent sans mollir, entrecroisant les destins amoureux de deux couples de jeunes gays à deux époques différentes, avec, pour fil conducteur musical, l'hymne "You’re the one that I want" du film Grease.

La première rencontre dans une association LGBT, les premiers émois, la première trahison, la première gay pride, le désir d’enfants… chaque situation est croquée en quelques répliques savoureuses par l’auteur et metteur en scène Renaud Fulconis. Mais derrière la petite histoire, il y a la Grande Histoire, celle qui a ponctué la vie des gays et lesbiennes depuis les émeutes de Stonewall jusqu’à la manif contre le mariage gay en passant par la catastrophe du sida. Elle est évoquée par les voix de Christiane Taubira et de Roselyne Bachelot (émouvants extraits de leurs discours à l’Assemblée nationale) ou des bribes de propos homophobes tenus par des hommes politiques.

Dans le cadre exigu et assez austère du théâtre Clavel à Paris, sans presque aucun décor, les quatre jeunes comédiens s’emparent à bras le corps de leur double rôle. Jonathan Darona, tout à tour séducteur et désenchanté. Julien Orain, aussi crédible en travesti à la langue acerbe qu’en micheton de sex club. Boule d’énergie ou épouse effacée, Caroline Riche est le contrepoint féminin bien amené à cette histoire de garçons. Quant à Romain Gimenez il fait preuve d’autant de subtilité dans le rôle de Frank, provincial naïf débarquant à Paris que dans celui Franklin, jeune homo au placard obligé de se biturer en club pour oser s’approcher d’un garçon. Lorsque Franklin annonce qu’il a le sida, en une fraction de seconde, le visage du jeune comédien semble porter la pâleur de la maladie. Et la petite musique légère de ce "Déjà vu" prend soudain une tonalité plus grave.
"Déjà vu", le jeudi à 21H30 au théâtre Clavel  à Paris. www.theatre-clavel.com

Erick Grisel

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