Coronavirus : quel avenir pour les festivals français ? Coronavirus : quel avenir pour les festivals français ?

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Coronavirus : quel avenir pour les festivals français ? par Tess Annest

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Publié le Lundi 20 Avril 2020

La crise sanitaire aura eu raison des festivals d'été. La plupart ont été contraints d’annuler leur édition 2020, les autres devraient suivre. Mais à quel prix ? Réponses de Gérard Pont et de Cédric Cheminaud, directeurs des Francofolies de La Rochelle et de la Magnifique Society de Reims.

Coronavirus et confinement obligent, le rideau se baisse sur les festivals français. Après le Printemps de Bourges en mars dernier, c’est au tour des Nuits de Fourvière, de Solidays, de Garorock et de bien d’autres d’annuler leur édition 2020. L’allocution d’Emmanuel Macron du 13 avril dernier a stoppé net les derniers espoirs des festivalier.e.s et des organisateur.trice.s qui, pour certain.e.s, y croyaient encore. "J’ai eu l’espoir naïf que les Francos aient lieu cette année", confie Gérard Pont, le directeur des Francofolies de La Rochelle qui auraient dû se tenir du 10 au 14 juillet 2020. "D’abord parce qu’on a travaillé longtemps et aussi parce qu’une partie de moi imaginait qu’un traitement miracle soit trouvé ou peut-être qu’on puisse organiser un festival masqué"

Plus de déception que d’incertitudes 

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Ce qui nous tombe dessus depuis fin février est d’une tristesse infinie

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"Cette annulation est un crève cœur pour toute l’équipe. Comme nous gérons aussi une salle de concerts, le festival est le bouquet final de notre saison. Ce qui nous tombe dessus depuis fin février est d’une tristesse infinie", avoue Cédric Cheminaud, le directeur de La Magnifique Society de Reims normalement prévue les 26, 27 et 28 juin 2020. "Mais nous sommes fiers de prendre part, même si c’est cher payé, à la lutte contre ce virus qui nous touche tous". Pour certains, ces annulations font simplement trembler la machine. Mais pour d’autres, la suite s’annonce plus compliquée. "Bien évidemment, nous avons une certaine inquiétude financière", avoue-t-il. "Certains partenaires nous ont déjà assuré leur soutien et nous avons la chance que l’équipe organisatrice soit attachée à une structure labelisée et financée. Surtout, en ayant annulé assez tôt, nous avons limité les pertes. L’avenir est donc plutôt serein, mais en cette période complexe, les vérités actuelles ne sont pas celles de demain…". Du côté des Francofolies, la suite s’annonce plus simple. "La conséquence immédiate c’est bien évidemment le chômage partiel", explique Gérard Pont. "Mais je n’ai pas d’inquiétude pour cet évènement historique, patrimonial et très important pour la région. La ville de La Rochelle a vraiment besoin de cette locomotive parce qu’elle génère de l’activité, du tourisme, de la visibilité… Je suis persuadé que la région et le département nous aideront", conclut-il. Un discours rempli d’espoir qui est loin d’être celui des plus petites éditions. 

Penser l’après 

Une fois le couperet tombé, il faut réfléchir à la suite. Reports, annulations et solutions digitales, chacun gère la crise comme il le peut. "Je n’ai pas souhaité décaler le festival [des Francofolies] à la rentrée. D'abord, parce qu’un tel discours n’est pas tenable. Il faut prendre en compte la santé des gens jusqu’au bout. Ensuite, parce que ce rendez-vous est un rituel d’été. L'ambiance n’est plus la même après le mois de juillet. Ça aurait été brisé une tradition et l’état d’esprit du festival en dépendait", explique Gérard Pont qui n’envisage pas non plus une édition numérique. Même discours de la part de Cédric Cheminaud. "Notre travail repose sur le contact humain et le partage mais pas derrière les écrans", confie-t-il. "Si nous organisons une alternative ce sera I.R.L ["In real life", soit "dans la vraie vie" en français] !" 

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Cela nous aiderait que le public montre son soutien au festival en envisageant déjà d’être là l’été prochain

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Rendez-vous est donc donné en 2021 pour la plupart des festivals français. Et pour les aider à garder la tête hors de l’eau, celles et ceux qui le peuvent sont invité.e.s à conserver leurs billets. "Comme l’édition 2020 est reportée d’un an, cela nous aiderait, surtout moralement, que le public montre son soutien au festival en envisageant d’ores et déjà d’être là l’été prochain", déclare le directeur qui garde espoir. En espérant que les festivals, petits et grands, tiennent jusqu'à l'année prochaine. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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