"White Lines" : la nouvelle série d’Álex Pina, le créateur de La Casa de Papel, ne convainc pas "White Lines" : la nouvelle série d’Álex Pina, le créateur de La Casa de Papel, ne convainc pas

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"White Lines" : la nouvelle série du créateur de "La Casa de Papel" ne convainc pas par Emilie Semiramoth

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Publié le Mardi 19 Mai 2020

Après le succès phénoménal de "La Casa de Papel", il n’y a rien d’étonnant à voir Netflix proposer à son créateur de faire une nouvelle série maison et internationale. Dommage…

Un thriller à Ibiza
On a souvent parlé de Netflix et de son fameux algorithme qui compile les données des utilisateurs et profile des programmes censés correspondre à leurs goûts. Et il faut croire que l’algorithme a encore sévi ! Le créateur de La Casa de Papel + une série internationale (en anglais et espagnol) = succès garanti. Mais succès ne veut pas dire réussite... Le pitch tient sur un (ancien) ticket de métro : Zoe (Laura Haddock), une Anglaise de Manchester, enquête sur la mort de son frère Axel (Tom Rhys Harries), un DJ mystérieusement disparu vingt ans plus tôt à Ibiza, après la découverte de son corps en plein désert. Zoe découvre alors le monde de la nuit à Ibiza, fait de fêtes perpétuelles et d’excès en tous genres dont les lignes blanches (les whites lines du titre) qui remplissent les narines des noceurs.

© Netflix

Compilation de clichés
White Lines ne cherche pas à faire dans la subtilité en matière de narration et semble même prendre un malin plaisir à creuser le sillon du cliché avec un acharnement qui forcerait presque le respect. Zoe est donc la caricature de la mère de famille, dépressive et calamité ambulante, qui enchaîne les bourdes et décide de défier toute seule les Calafat, une famille mafieuse à la tête d’un empire, et suspectée d’être liée à la mort d’Axel. Sans que cela ne fasse sens, elle parvient à se faire un allié, Boxer (Nuno Lopes) le chef de la sécurité des Calafat, tout en cheveux gominés et gros biscotos, qui tombe sous son charme après que celle-ci lui a décoché un harpon dans la cuisse… Les personnages agissent en dépit du bon sens et courent dans tous les sens comme des canards sans tête. À commencer par Marcus (Daniel Mays), l’ancien meilleur ami d’Axel devenu lui aussi DJ et qui arrondit ses fins de mois en faisant du deal. 

© Netflix

La ligne rouge est franchie
Álex Pina, fidèle à ses habitudes, concocte un scénario qui file à mille à l’heure et les incohérences s’entassent tout du long. La narration fait des allers et retours entre le présent et le passé avec des répétitions pesantes. Les images de fêtes et d’orgies n’ont clairement d’autre fonction qu’un racolage pur et simple. Ici, la sexualité n’est qu’un accessoire pour accrocher le spectateur mais ne vient jamais servir l’histoire d’une quelconque manière. Même pour une série qui affiche son ambition, celle d’être juste un bon divertissement, on ne peut s’empêcher de se demander jusqu’où l’insulte à l’intelligence peut être portée. La violence y est gratuite et inconséquente. Les personnages, en dehors de Zoe – qui est quand même présentée comme une gourde – sont dénués de toute morale. La réalisation est vulgaire… Malgré tout cela, il ne fait nul doute que White Lines va cartonner.

"White Lines", une série créée par Álex Pina avec Laura Haddock, Nuno Lopes, Matthew Rhys Harries… disponible sur Netflix.

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