"Watchmen" : la nouvelle série troublante à ne pas rater "Watchmen" : la nouvelle série troublante à ne pas rater

Séries 

"Watchmen" : la nouvelle série troublante à ne pas rater par Emilie Semiramoth

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

3 minutes

Publié le Mardi 22 Octobre 2019

Deux ans après la fin de "The Leftovers", Damon Lindelof est de retour avec une série monstre qui a l’ambition de devenir la nouvelle sensation mondiale. Explosive, politique, complexe… "Watchmen" est surtout une œuvre troublante qui bouscule. Critique garantie sans spoiler.

Watchmen 2.0
Avant de vous lancer dans cette nouveauté, un conseil prévaut pour ne pas se sentir largué dès le premier épisode : si vous n’êtes pas un lecteur incollable du comic signé par Alan Moore et Dave Gibbons, mieux vaut avoir vu ou revu le film de Zack Snyder (2009) pour se plonger dans cette nouvelle histoire que Damon Lindelof présente comme une continuité de l’univers des Watchmen. Dans cette réalité alternative, si étrangement proche de la nôtre, l’action se déroule à Tulsa dans l’Oklahoma, ville qui a été le théâtre en 1921 d’un véritable massacre perpétré par des suprémacistes blancs contre une population afro-américaine prospère. C’est sur ce tragique évènement que démarre la série avec une scène d’ouverture époustouflante de presque huit minutes. De nos jours en 2019, Robert Redford est président des Etats-Unis et alors que les super-héros masqués sont considérés comme hors-la-loi, ce sont les policiers qui désormais portent des masques pour protéger leur identité. Ces derniers doivent faire face à une menace terroriste de suprémacistes blancs qui s’appellent la Septième Cavalerie et qui portent le masque de Rorschach. Vous êtes perdu ? C’est normal.

Tout est pareil, tout est différent
Damon Lindelof n’a pas fait le pari de la simplicité. Même si on est dans l’univers familier des Watchmen, tout ou presque y est nouveau. Certes on y retrouve Adrian Veidt, joué avec délice par Jeremy Irons qui excelle en génie psychopathe et Laurie Blake, ex Spectre soyeux II, jouée par la cinglante Jean Smart. Quant au Dr Manhattan, il boude toujours sur Mars mais on se dit qu’il pourrait faire une apparition d’ici la fin de saison ou après. Mais le récit préfère se centrer sur un nouveau personnage : Angela Abar (incroyable Regina King) alias Sister Night, son alter ego badass de flic aux méthodes de justicier. La série joue à merveille sur la confusion et la perte de repères : ceux qui portent le masque sont-ils bons ou mauvais ? Est-on clair sur ses intentions en avançant masqué ? Ici, la notion de discernement des enjeux comme de la probité de certains personnages est savamment entretenue dans un flou artistique. Lindelof déploie son récit en brouillant les pistes. Contrairement à ses œuvres précédentes, comme Lost et The Leftovers où il créait dès le départ un lien empathique avec les protagonistes, il ne joue pas tout de suite sur l’affect. Il nous faut un peu de temps pour apprivoiser ces nouveaux personnages qui impressionnent plus, avant de toucher. C’est surtout le cas d’Angela Abar. On devine une femme complexe, déterminée, intraitable mais qui a aussi ses failles.

Une œuvre salvatrice
Sous le vernis de sa mythologie, Watchmen poursuit sa fonction première. Celle d’être un brûlot politique. La matière philosophique, aussi, est énorme et promet mille et une pistes de réflexion sur l’éthique, le droit, la justice. Il est certain qu’avec cette série, Lindelof fouille à mains nues dans les tripes de l’Amérique. Il cherche à savoir comment le géant crée ses propres monstres et sombre dans ses propres turpitudes. Toute résonnance avec la politique actuelle n’est évidemment pas fortuite. Il est d’ailleurs assez fou de se dire que cinq ans auparavant, cette série n’aurait certainement pas vu le jour. Qu’une actrice noire de 48 ans, même si on connaît depuis longtemps le talent de Regina King, n’aurait jamais été leader d’une série de science-fiction adaptée d’une œuvre considérée comme culte. Pourtant, aujourd’hui, dans la peau d’Angela Abar, la star interprète un personnage tel qu’on n’en a encore jamais vu dans une série télé. Et c’est Damon Lindelof qui l’a fait.

"Watchmen", une série créée par Damon Lindelof avec Regina King, Don Johnson, Jean Smart… Le lundi à 21h05 sur OCS City.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires