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Voilà pourquoi Netflix ne reconduit pas certaines séries par Esteban de Azevedo

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Publié le Mardi 25 Juin 2019

Il fut un temps où Netflix laissait à ses séries le temps de convaincre. Changement radical aujourd’hui où des productions comme "Chambers" sont stoppées après seulement une saison. Mais alors, pourquoi un tel changement de stratégie ?

L’ancienne politique de Netflix
Après seulement 56 jours de présence sur son site, Netflix a décidé de ne pas reconduire la série Chambers pour une nouvelle saison. La plateforme ne fournit évidemment aucune explication pour justifier cette éviction, mais on peut imaginer que le succès n’a pas été au rendez-vous. Malgré la présence d’Uma Thurman, le thriller surnaturel était pataud et anxiogène. Sans oublier son titre, très flou. Le souci n’est donc pas l’éviction en elle-même, mais plutôt qu’elle intervienne aussi tôt. Ce n’est d’ailleurs pas dans les habitudes du service, qui avait accordé trois saisons entières à Bloodline et deux à Flaked. Des séries au succès plus que confidentiel. Mais Netflix laissait le temps à ses productions d’installer leurs univers.

Le Netflix d’aujourd’hui
Netflix devient de plus en plus impitoyable. Pour One Day at a Time, le service de streaming n’a même pas laissé au programme le temps de plaire au public. Ce qui n’a d'ailleurs pas manqué de faire réagir les fans. La tendance est aux non-reconductions abruptes et insensibles. Netflix se rapproche des pratiques d’Amazon Prime, qui n’avait pas hésité à stopper le 4 juin, sans proposer de fin satisfaisante, la série Sneaky Pete, alors même qu’elle avait été lancée en grande pompe le 10 mai. Il faut croire que c’est dans l’ère du temps. Pour qu’une série survive aujourd’hui, il lui faut trouver son public presqu’instantanément. Dans un contexte de surabondance de contenus, pas de place pour un lent numéro de charme visant à séduire les abonnés. De même que les moyens mis à disposition pour promouvoir chaque série sont très disparates. Quand une série comme The Crown bénéficie d'une battage médiatique conséquent, d'autres sont discrètement ajoutées au catalogue. Une stratégie qui peut difficilement être reprochée à Netflix, quand on sait que le succès de La Casa de Papel en a surpris plus d'un au sein du géant du streaming. Plus l'entreprise investit dans un projet, plus elle le met en lumière. Logique, en soit. 

La concurrence montre les crocs
Une tendance qui ne risque pas de faiblir car Netflix va devoir faire face à Apple et son AppleTV+ ainsi que Disney avec Disney+. Comme avec le sport à la télé, les foyers seront abonnés à plusieurs services de streaming. Disney pour les enfants et Netflix ou Amazon Prime pour les plus grands. Le choix ne sera pourtant pas aussi simple qu'il n'y paraît car les catalogues sont très différents en fonction des pays. Si Netflix France mise davantage sur les séries, la faute à la législation française qui n'autorise les films à sortir sur Netflix que 17 mois après la sortie au cinéma... Netflix US peut compter sur un catalogue de films conséquent, dans un délai très court après la sortie en salles. Une "penurie" qui commence à être comblée par la production de sept séries françaises (dont Banlieusards). Car, comme le certifie Reed Hastings, le PDG, Netflix est très attaché à l’"exception culturelle". "C’est une culture très fière qui veut s’exporter, se renforcer et nous adorons cela". On attend de voir.

Les raisons de cette nouvelle politique
Lorsque Netflix ne comptait qu’une poignée de productions originales, comme Orange Is the New Black ou House of Cards, les efforts se concentraient sur l’adhésion aux programmes. Le but était que les abonnés soient conquis et en redemandent. Le développement de l’univers d’une série et l’arrivée de nouveaux épisodes étaient très importants. Mais la plateforme lance désormais des centaines de nouveaux contenus dans le monde entier, rendant très faibles les chances pour un programme de se faire remarquer. De plus, qui dit renouvellement de séries dit augmentation des cachets et donc diminution de la rentabilité pour Netflix. Le neuf prêt à tout pour se faire connaître s’inscrit donc mieux dans le modèle économique de la firme américaine que le vieux qui doit être choyé. D'autant plus que les tarifs de Netflix viennent d'augmenter pour palier les énormes investissements dans les productions (plus de 15 millions de dollars). On peut donc s'attendre à toujours plus de propositions de séries, qui passeront aussitôt à la trappe en l'absence de plébiscite du public.

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