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"The Twilight Zone" : la série de Jordan Peele déçoit par Emilie Semiramoth

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Publié le Vendredi 5 Avril 2019

L'intrépide Jordan Peele exhume la fameuse série de Rod Serling, "The Twilight Zone", plus connue sous le nom de "La Quatrième Dimension" en France. Cette nouvelle mouture déçoit un peu sur ses deux premiers épisodes. Explications.

Une révolution télévisuelle
En 1959, lorsque Rod Serling a lancé The Twilight Zone, il a créé une série aujourd'hui considérée comme un monument de la télévision qui continue d'inspirer bon nombre d'auteurs. Au même titre que Philip K. Dick ou Isaac Asimov, Rod Serling est devenu un maître de la science-fiction, sa série anthologique servant d'avertissement face aux dérives de la société américaine de l'époque. Le principe, toujours le même, est le suivant. Chaque épisode raconte une histoire bouclée avec un petit nombre de protagonistes. Quelque chose de bizarre se produit. Le narrateur donne quelques indications au téléspectateur sur ce qu'il est en train de se passer. Puis l'histoire se conclut sur un twist, que la plupart du temps, on ne voit jamais venir. Et le narrateur nous délivre alors la morale de l'histoire. Celles et ceux qui ont grandi en regardant La Quatrième Dimension en tremblent encore. Il y avait pourtant très peu de violence mais les scénarios – toujours diablement bien ficelés – avaient coutume d'éveiller chez le spectateur les pires angoisses.

Reprise des codes
Puisqu'il est question d'angoisses et de dénoncer les affres de la société contemporaine, Jordan Peele – le nouveau wunder kid d'Hollywood depuis le succès tonitruant de Get Out et Us – semble être désigné d'office pour reprendre le flambeau. D'après les deux premiers épisodes (présentés à Séries Mania), Peele, qui fait office de narrateur et de producteur exécutif de la série, reprend les codes de la série originelle. Un personnage central, enferré dans une situation cauchemardesque, paie sa leçon de morale au prix fort. La réalisation est soignée. Photographie superbe, plans serrés pour accentuer les effets de paranoïa, couleurs feutrées. Un casting impeccable. Dans le premier épisode, "The Comedian", Kumail Nanjiani (Silicon Valley) interprète Samir un humoriste raté. Jusqu'au jour où il rencontre une ancienne légende du stand-up, interprété par un Tracy Morgan - parfait en Faust des temps modernes - qui lui donne la clé du succès. Faire de l'humour militant et engagé ne le mènera à rien. Il faut donner de sa personne. Alors Samir se met à exposer sa vie privée et fait des blagues qui tuent. Littéralement. Chaque anecdote qu'il raconte plie le public en deux, mais chaque personne qu'il cite disparaît de la surface de la Terre comme si il ou elle n'avait jamais existé. L'épisode apporte une réflexion intéressante sur le prix du succès et le coût d'un orgueil démesuré mais n'invente rien de nouveau.

Du Black Mirror, mais sans technologie
Sur le même principe que Black Mirror, The Twilight Zone version 2019 vise à nous prévenir des risques d'avoir des comportements abusifs. Dans l'anthologie britannique, il s'agit principalement de ne pas considérer toutes les révolutions technologiques comme des bienfaits pour l'humanité. Chez sa cousine américaine, l'ironie du destin vient souvent taquiner les choix laissés au libre arbitre des personnages. Dans les deux cas, la morale de l'histoire, qu'elle soit satisfaisante ou non, doit avoir un minimum de sens ou de logique. Sans quoi, c'est un soufflé qui retombe à plat. C'est ainsi que la déception se fait sentir plus lourdement dans le deuxième épisode, "Nightmare at 30,000 feet", hommage raté à "Nightmare at 20,000 feet" un épisode mythique de 1963 avec William Shatner (oui, oui capitaine Kirk). Ici Adam Scott, juste comme à son habitude, y joue un homme qui va vivre un véritable cauchemar lors d'un vol transatlantique. Il découvre dans l'avion un lecteur mp3 dans lequel un podcast raconte la tragédie aérienne... de son vol ! Le déroulement est absurde. Mais pourquoi ne fait-il pas écouter ce fichu podcast à quelqu'un à bord ? C'est la question qui nous taraude encore... Quant à la chute, elle est tout simplement inepte. Faut-il y voir un sous-texte politique du peuple américain qui provoque son propre malheur en votant ? Maintenant que ce constat est fait depuis bientôt trois ans, Jordan Peele a-t-il d'autres éléments de réflexion à nous proposer ? Réponse dans les huit épisodes restants.

Une série créée par Rod Serling et recréée par Jordan Peele, Simon Kinberg et Marco Ramirez avec Kumail Nanjiani, Adam Scott, Katie Findlay... Disponible depuis le 1er avril sur CBS All Access.

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