"The New Pope" : une nouvelle saison provocante pour la série de Paolo Sorrentino "The New Pope" : une nouvelle saison provocante pour la série de Paolo Sorrentino

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"The New Pope" : une nouvelle saison provocante pour la série de Paolo Sorrentino par Emilie Semiramoth

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Publié le Mardi 14 Janvier 2020

Paolo Sorrentino s’est pris de passion pour les séries. Alors que "The Young Pope" était initialement prévue pour être une mini-série, avec "The New Pope" il propose sa suite.

De Jude Law à John Malkovich
Il fallait absolument une icône pour venir tenir l’affiche face à Jude Law. Son interprétation de Pie XIII n’a laissé personne indifférent. Radical, intransigeant, d’un ultra-conservatisme digne de l’Inquisition, il n’a de jeune que son apparence. Dès son accession au trône papal, il envisage un retour proéminent de l’Église en faisant régner la terreur. Et tant pis, si pour chasser les pédophiles, il jette les homosexuels dans le même panier... Plongé dans un coma profond depuis son malaise lors de sa première apparition publique, Pie XIII a suscité un émoi international et les plus fervents croyants prient jour et nuit place Saint-Pierre pour son rétablissement. Ces mois d’incertitude et de confusion contraignent les cardinaux à élire un nouveau pape. Ce sera Sir John Brannox – incarné par un John Malkovich qui a cessé de jouer et à qui il suffit d’être John Malkovich – un aristocrate anglais qui conseille Meghan Markle sur ses tenues vestimentaires et qui maquille ses yeux comme Jack Sparrow. Il est dilettante et consensuel, exactement ce qui convient à la Curie qui est prête à vivre un peu moins en décalage avec son époque. Les autres personnages autour restent fidèles à eux-mêmes. Mais on retient surtout l’inénarrable Voiello (génial Silvio Orlando), le cardinal secrétaire d’État, qui continue de tirer les ficelles et d’agir comme l’éminence grise du Vatican. Il constitue un ressort comique précieux avec ses manigances en tous genres et son air austère qui cache un caractère d’homme complexe et torturé.

L’Église passée à la question 
Cette saison vient bousculer encore plus violemment l’Église catholique et ses hommes. Au Vatican, les stratèges et les complots vont bon train. Chacun ourdit dans son coin pour ses intérêts personnels. Partout la bonne morale est absente et l’éthique - chrétienne comme philosophique - n’est que fortuite quand le bon sens l’impose. Sans nul doute, Paolo Sorrentino tire à boulets rouges sur l’Église. C’est l’œuvre d’un amoureux déçu, d’un croyant désabusé. Et pour le faire savoir, il convoque toute l’iconographie sorrentinienne pour argumenter. La mise en scène, les cadrages, la composition, la lumière, tout est toujours beau chez Sorrentino. Mais il ne peut s’empêcher d’habiller sa réalisation d’une imagerie porno chic totalement gratuite et parfaitement dispensable. Cette intrusion du profane tient de la provocation puérile et de la facilité de la part d’un réalisateur au talent incontestable, mais qui cède toujours à la facilité. C’est dommage car The New Pope est une œuvre puissante qui soulève des questions d’actualité passionnantes, autant pour les croyants que les non-croyants. Mais à force de succomber à la tentation libidineuse de son créateur, la série perd de son sens. 

 "The New Pope", une série créée par Paolo Sorrentino avec John Malkovich, Jude Law, Silvio Orlando… Sur Canal+ et MyCanal.

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