The Little Drummer Girl : la superbe série d'espionnage avec Florence Pugh et Alexander Skarsgård The Little Drummer Girl : la superbe série d'espionnage avec Florence Pugh et Alexander Skarsgård

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"The Little Drummer Girl" : la superbe série d'espionnage avec Florence Pugh et Alexander Skarsgård par Emilie Semiramoth

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Publié le Vendredi 15 Mars 2019

Adaptation d'un des best-sellers de John Le Carré, "La Petite Fille au tambour" publié en 1983 et considéré comme l'un des plus grands romans d'espionnage, "The Little Drummer Girl" est une vraie pépite de mini-série. À voir absolument.

Une histoire romanesque sur fond de conflit israélo-palestinien
Après The Night Manager, la BBC et AMC ont de nouveau fait équipe pour produire une mini-série adaptée d'un roman de John Le Carré. Composée de six épisodes, The Little Drummer Girl raconte l'incroyable opération imaginée par des agents du Mossad (les services secrets israéliens) pour faire tomber une cellule terroriste palestinienne qui a perpétré une série d'attentats à la bombe contre des Juifs en Europe à la fin des années 70. Au cœur de ce récit, Charlie – une jeune et talentueuse actrice anglaise – se laisse d'abord séduire par un bel homme mystérieux lors de vacances en Grèce, mais Gadi est en réalité un agent du Mossad. Lui et son patron Kurtz (formidable Michael Shannon) lui proposent une mission des plus dangereuses en la présentant comme le rôle de sa vie. Fougueuse, idéaliste, elle devient alors la pièce maîtresse d'une supercherie grandeur nature montée par les services israéliens pour faire tomber les terroristes palestiniens.

Fiction ou réalité ?
Toute la singularité de cette série réside dans un récit où se confondent en permanence réalité et fiction. Les services israéliens entendent faire croire à Khalil, le chef de la cellule terroriste, que Charlie entretient une liaison avec son petit frère Salim. Pendant que celui-ci est en réalité en détention, Charlie parcourt l'Europe avec Gadi qui se fait passer pour Salim et ils construisent ainsi ensemble une histoire d'amour fictive. Le vrai et le faux se côtoient si étroitement qu'il devient difficile, y compris pour Charlie, de s'y retrouver surtout quand des sentiments sincères et des idéaux politiques entrent en jeu. Charlie tombe amoureuse à la fois d'un homme qu'elle n'a jamais rencontré (Salim) et de celui qui le joue (Gadi).

Mais il ne faudrait pas croire que The Little Drummer Girl n'est qu'un divertissement pur où le jeu entre fiction et réalité se contente d'être un artifice. La série s'applique à décortiquer méticuleusement les mécanismes du terrorisme : la théâtralité étant un élément indispensable de la propagande terroriste. La terreur inspirée par les attentats n'a d'autre fonction que de manipuler les esprits pour parvenir à ses fins. On apprécie surtout le discours non binaire qui évite de tomber dans le piège du Bien et du Mal. Les deux camps opposés sont représentés chacun dans toutes leurs nuances et leurs ambivalences. On voit les personnages être traversés par des dilemmes moraux presque insolubles. Et la série adresse au passage une vraie critique de l'héritage de la politique étrangère britannique au Moyen-Orient.

Un bijou présenté dans un véritable écrin
Tous les acteurs livrent une prestation remarquable à commencer par Florence Pugh. Si on l'avait déjà remarquée dans The Young Lady, elle ne fait que confirmer un talent qui s'annonce grandiose. Elle fait partie de ces astres noirs qui aspirent tout sur leur passage sans qu'on puisse lui opposer une quelconque résistance. La série entière repose sur ses épaules, loin d'être frêles, et la puissance de son jeu ne fait qu'élever ses partenaires. En face d'elle, elle n'a rien moins que l'énigmatique Alexander Skarsgård. Tout en émotions contenues, il fait tout passer par l'intensité de son regard et retient chaque mouvement avec la délicatesse d'un danseur de ballet. Enfin, il convient de s'extasier – ni plus ni moins – devant la réalisation signée Park Chan-wook (Old Boy, Lady Vengeance, Mademoiselle...). Il restitue avec une fidélité étrange l'ambiance et les codes des films d'espionnage des années 70. Et cette série s'avère être le vecteur idéal pour exprimer son admiration pour Hitchcock. La tension ne cesse de monter au fil des épisodes, au point de finir sur un suspense tiré au cordeau. Rien n'est gratuit chez ce maître de l'esthétique. Il compose chaque plan comme un tableau d'Edward Hopper. On pourrait presque s'amuser à faire un arrêt sur image à chaque séquence et remonter la série sous forme d'un roman-photo à la beauté inouïe. Le jeu d'ombres et de lumières, le jeu sur les couleurs éclatent à l'écran de manière surprenante, mais toujours au service du récit puisque ce sont des espions qui jouent une fiction et ont besoin de se faire remarquer dans un "théâtre du réel" comme dit Gadi. Pour tout vous dire, on n'avait pas vu une œuvre d'une telle beauté et d'une telle densité depuis longtemps.

Une série créée par Michael Lesslie et Claire Wilson avec Florence Pugh, Alexander Skarsgård, Michael Shannon... À partir du 14 mars 2019 à 21h sur Canal +.

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