"The I-Land" : le nouveau navet de Netflix façon "Lost" "The I-Land" : le nouveau navet de Netflix façon "Lost"

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"The I-Land" : le nouveau navet de Netflix façon "Lost" par Emilie Semiramoth

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Publié le Lundi 16 Septembre 2019

Fin du suspense ! Si, après un trailer pas très jojo, on pouvait se demander ce que pouvait valoir ce combo déjà suspect entre "Lost", "Hunger Games" et "Matrix", on a vite eu notre réponse : pas un clou !

Fausse bonne idée
Dix personnes se réveillent simultanément sur la plage d’une île déserte. Toutes amnésiques et habillées de la même manière. Pas mouillées, ni blessées. Donc on exclut d’emblée le naufrage et le crash. A priori donc, une sorte d’expérience. Nous voici partis pour une fable sur l’essence même de l’humain. Rendues à l’état de nature, qu’est-ce qui va émerger de personnes qui doivent survivre, cohabiter, ne pas s’entretuer ? Le meilleur ou le pire ? Le bien et le mal sont-ils innés ou acquis ? Ces questions, bien évidemment, ont un potentiel passionnant quand elles sont directement adressées. Ce qui est loin d’être le cas ici. Dès les premières minutes, l’espoir s’émiette avec la première rencontre entre deux protagonistes. À peine réveillées, Chase et K.C. (dont on apprendra les noms plus tard) ne prennent même pas le temps de faire connaissance qu’elles commencent déjà à se crêper le chignon. À ma gauche, Chase – incarnée par Natalie Martinez, qui décidément ne sait pas jouer – se présente comme la bonne âme prête à voler au secours de la veuve et de l’orphelin mais qui affiche un fort caractère dès qu’elle rencontre la moindre opposition. À ma droite, K.C. est interprétée par une Kate Bosworth qui tente péniblement de jouer la reine de glace avec un accent texan, qui s’est levée du pied gauche et invective gratuitement, moue boudeuse à l’appui. Déjà là, on se dit que ça va être long. D’autant plus qu’il y a sept épisodes en tout. On les a tous vus et ça va de mal en pis.

Production à valeur minorée
The I-Land est bourrée de références qu’elle assume toutes, sans pour autant en tirer le moindre profit. Lost est la plus évidente. L’île n’est pas une île ordinaire. Elle recèle de secrets et de pièges. Comme des requins, à l’allure très synthétique, qui barbotent aux abords de la plage et croquent le premier baigneur qui passe. De là à dire que cette île crée sa propre mythologie comme celle où Jake, Kate and co se sont crashés, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. Le "mystère" de l’île est dévoilé dès le troisième épisode. Une révélation grotesque qui n’est rien de plus qu’un indicateur du taux de pénibilité qui attend le spectateur par la suite. Qu’en est-il de l’autre référence majeure, à savoir Matrix ? La trilogie des Wachowski avait pour vocation, entre autres, d’appeler à une émancipation des peuples en passant par la transcendance de soi. Dans The I-Land, c’est tout le contraire. Les personnages sont crétins au-delà du crédible. Qui, perdu sur une île déserte et amnésique, peut sérieusement n’avoir d’autre préoccupation que de soigner son bronzage ? Les scénaristes n’auraient-ils pas trop regardé Koh-Lanta ou son homologue américain Survivor ? Le coupable, c’est Neil LaBute, producteur, scénariste, réalisateur et dramaturge américain à qui l’on doit pourtant Nurse Betty. Ce dernier s’entête à faire des séries télé sans intérêt, dont Van Helsing. Ici, il n’est pas le créateur mais le showrunner de la série et a donc la mainmise sur tous les aspects : écriture, production, réalisation. Qu’est-ce qu’on lui reproche ? À peu près tout. Une réalisation fade, sans relief. Un développement abscons des personnages. Des dialogues médiocres. Comme lorsqu’un personnage se fend du fameux « J’ai un mauvais pressentiment » après qu’un autre s’est fait attaquer par un requin… La bande-annonce était en fait un bon indice, en parodiant la vidéo du Fyre Festival, soit l’arnaque de la décennie. Elle annonçait aussi l’arnaque qu’est cette série qui sera vite oubliée.

"The I-Land", une série créée par Anthony Salter avec Natalie Martinez, Kate Bosworth, Alex Pettyfer… Disponible depuis le 12 septembre sur Netflix.

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