The Handmaid’s Tale : on était sur le tournage de la série phénomène The Handmaid’s Tale : on était sur le tournage de la série phénomène

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"The Handmaid’s Tale" : dans les coulisses de la série phénomène par Céline Puertas

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Publié le Mardi 27 Août 2019

Glamour s’est glissé dans les coulisses de "The Handmaid’s Tale", dont la saison 3 est actuellement diffusée sur OCS. Sans l’héroïne et co-productrice, la géniale Elisabeth Moss (dommage) mais avec une bonne partie du casting, récit d’une journée passée sur le plateau à Toronto.

"Coupez !" Des dizaines de figurants qui ondulaient dans une valse gracieuse se remettent en place, sous la lumière des lustres clinquants. Il est 19h, acteurs et techniciens s’activent dans une ambiance ultra pro mais détendue : une longue nuit de tournage s’annonce. Le temps d’une soirée, la Casa Loma, cette immense bâtisse de Toronto aux airs de château kitsch, s’est transformée en décor pour The Handmaid’s Tale.  Si nous sommes bien au Canada, dans le script, c’est à Washington DC que se déroule cette nouvelle saison. "La scène de bal que nous sommes en train de tourner (que vous pourrez voir dans l’épisode 7 NDLR) est très importante. Ici c’est chez moi, et je suis le boss" nous a expliqué plus tôt Christopher Meloni, nouvelle recrue de la série, entre deux bouchées d’œufs Bénédicte. A l’écran, il est le commandant Winslow, personnage important de la nouvelle saison, chez qui les Waterford vont trouver du réconfort (mais pas que) après des évènements douloureux - notamment l’incendie de leur maison.

Bras de fer
Petit rappel utile pour ceux qui n’ont pas encore vu cette série à gros budget maintes fois primée, et basée sur le roman dystopique de Margaret Atwood : les servantes écarlates, rares femmes encore fertiles dans une société où le taux de natalité ne cesse de dégringoler, sont réduites au rang d’esclave sexuel. Offred (alias Elisabeth Moss) et ses semblables sont maltraitées, et condamnées à subir les assauts de "leurs commandants", les hommes hauts placés de ce régime autoritaire, à porter leurs enfants, et à se taire le reste du temps. Après deux saisons de violence, de torture et d’oppression, Gilead (le nom de cette dictature) est sur le point de vaciller. La révolution gronde, et les servantes écarlates, toujours parées de leurs petits chapeaux blancs devenus cultes, voient rouge. Tous les intervenants nous le répèteront d’ailleurs au fil de cette journée de promo marathon, producteurs, réalisateurs, acteurs… La saison 3 va être musclée. Pas un hasard donc si son mantra est "Blessed be the fight", béni soit le combat, comme l’annonçait le teaser tout en suspens dévoilé il y a quelques mois en grande pompe, au Super Bowl. Bref, ça va saigner.



Quand l’élite vacille
Complices, Joseph Fiennes et Yvonne Strahovski alias Fred et Serena Waterford, personnages clés des saisons 1 et 2, recommencent le début de cette fameuse scène de bal pour la sixième fois, patients, marchant côte à côte dans le long couloir, précédés de plusieurs caméras.  Quelques heures plus tôt, dans une pièce à l’étage, l’actrice répondait à nos questions. Interrogée sur l’état psychologique de Serena, elle explique, d’une voix douce : "Elle se demande encore si elle a fait le bon choix en laissant son enfant partir..." Yeux bleu acier assortis à sa robe, Yvonne a dû laisser son petit bébé de six semaines pour reprendre le tournage de cette saison 3. Difficile de faire plus raccord avec les émotions traversées par son personnage. A l’écran son couple bat de l’aile, on la devine plus vraiment en phase avec ce régime autoritaire qu’elle a pourtant contribué à créer : "Même l’élite n’est plus en sécurité à Gilead."



Âmes sensibles s’abstenir
Ultra violente et sombre, The Handmaid’s Tale choque autant qu’elle interroge. Difficile parfois de regarder un épisode sans fermer les yeux, ou se boucher les oreilles. Cette noirceur ne laisse pas non plus les acteurs indemnes. Jogging et baskets -ça change de son élégance stricte à l’écran-, Joseph Fiennes avoue qu’il n’est pas évident de jouer les méchants quand on est un homme sensible : "Je ne vous cache pas que je suis content qu’il y ait moins de scènes de viols dans la nouvelle saison. C’était des moments compliqués à tourner. Et ce n’est jamais facile de laisser son rôle au vestiaire une fois le tournage terminé." Ann Dowd, tante Lydia, actrice aussi remarquable que son personnage est sadique, se fait également rattraper par la série dans la vraie vie : "certains fans me regardent de travers quand je les croise dans la rue, c’est déroutant."


Cette violence permanente que rien ne semble pouvoir stopper est d’autant plus perturbante qu’elle fait écho à une violence bien réelle, celle-là. Alors qu’aujourd’hui dans le monde les droits des femmes et des humains sont encore bafoués, que les extrêmes ne cessent d’étendre leur pouvoir, et qu’un acquis comme l’IVG est remis en question, difficile de ne pas se pendre en pleine poire le réalisme du scénario. Bonne nouvelle, cette saison 3 ne sera pas la dernière, les spectateurs n’ont donc pas (encore) fini de trembler.

The Handmaid’s Tale aussi disponible à la demande sur OCS.

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